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                  <text>&lt;p&gt;L’&lt;em&gt;Académie bretonne&lt;/em&gt; est initialement fondée au Grand Séminaire de Quimper le 14 février 1894&lt;a title="" href="#_ftn1"&gt;[1]&lt;/a&gt; par six séminaristes, dans des conditions précaires : sans lieu ni directives, elle s’éteint rapidement, avant de connaître un nouvel essor en octobre 1901 sous l’impulsion du séminariste Jean-Marie Perrot. Outre l’aspect proprement pastoral, il s’agit ici d’étudier les aspects linguistiques et plus globalement développer la langue et l’histoire de la Bretagne. Des cours de breton sont organisés au grand séminaire, puis dans les séminaires de Vannes et Saint-Brieuc. En s’inscrivant dans une position mesurée sur la querelle de l’orthographe, la &lt;em&gt;Kenvreuriez&lt;/em&gt; suit néanmoins les principes généraux du linguiste Le Gonidec, premier traducteur au XIXe siècle de la Bible en breton. Peu à peu se compose le lien entre la foi et la langue, &lt;em&gt;Feiz ha Breiz,&lt;/em&gt; dans le contexte tendu de la séparation des Églises et de l’État. Les effectifs de l’Académie atteignent une soixantaine de personnes en 1914, soit 1/5 du nombre des séminaristes. La &lt;em&gt;Kenvreuriez&lt;/em&gt; se maintient dans cette forme jusqu’à la Seconde guerre mondiale, poursuivant son œuvre. En 1936, pour la première fois, un professeur officiel de breton est nommé au grand séminaire, l’abbé Pierre-Jean Nédélec.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L’Académie est refondée le 23 juillet 1942 par M&lt;sup&gt;gr&lt;/sup&gt; Duparc pour « maintenir et propager la langue bretonne dans le diocèse&lt;a title="" href="#_ftn2"&gt;[2]&lt;/a&gt;. » Son président d’honneur en est le vicaire général Joncour, son président le chanoine François Le Ster (1888-1969), inspecteur général de l’enseignement libre. Autour de lui, Per-Yan Nédélec est nommé trésorier, l’abbé François Guivarc’h (1897-1974) aumônier au cours normal étant le secrétaire. Parmi les membres, le chanoine Favé, alors sous-directeur des œuvres ; avec ces prêtres diocésains des religieux OMI, montfortains, capucins ou jésuites, viennent apporter leurs connaissance de la langue. Cette même année l’étude du breton devient obligatoire dans toutes les écoles primaires libres du diocèse. En parallèle des travaux éditoriaux sont lancés, comme la traduction du catéchisme. &lt;em&gt;Va c’hatekiz bihan&lt;/em&gt; et &lt;em&gt;Va c’hatekiz Krenn&lt;/em&gt; sont publiés en 1943 sous l’impulsion de l’Académie. Un recueil de sermons bretons doit paraître en 1944 également, ainsi qu’une &lt;em&gt;Vie de Jésus&lt;/em&gt; et une &lt;em&gt;Messe dialoguée pour les enfants&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Libération et la disqualification générale du mouvement breton au sortir de la deuxième Guerre Mondiale donnent un coup d’arrêt au développement de l’Académie. Elle réapparait cependant, sous une autre forme, dans le sillage du concile Vatican II. C’est l’époque où la culture bretonne sous toutes ses formes revient en force auprès des jeunes générations, quand radio et même la télévision débutante commencent à émettre en breton. Les catholiques bretonnants peuvent encore rencontrer une certaine incompréhension de la part de l’Église officielle qui ne propose quasiment aucun texte brittophone pour la célébration des offices : « beaucoup de militants bretons se demandent si c’est consciemment que l’Église en Bretagne participe au déracinement culturel des bretons&lt;a title="" href="#_ftn3"&gt;[3]&lt;/a&gt;… »&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L’Académie bretonne assure alors la traduction des textes liturgiques en langue vernaculaire, selon les principes déterminés par le Concile et la constitution sur la liturgie &lt;em&gt;Sacrosanctum Concilium&lt;/em&gt; promulguée le 4 décembre 1963. Au diocèse de Quimper, la &lt;em&gt;Kenvreuriez&lt;/em&gt; est désormais dirigée par M&lt;sup&gt;gr&lt;/sup&gt; Visant Favé (1902-1997), évêque auxiliaire réputé pour ses talents de bretonnant. Dans son équipe, il dirige les pères Per-Yann Nédélec (1911-1971), archiviste diocésain et président de la Société archéologique du Finistère ; Joseph Seité (1919-1985), disciple de l’abbé Perrot, membre actif du &lt;em&gt;Bleun-Brug&lt;/em&gt; et animateur des émissions bretonnes à la radio ; François Élard (1910-1988) qui travaille sous la direction de M&lt;sup&gt;gr&lt;/sup&gt; Favé à la traduction de l’Apocalypse, des Épitres de Saint-Paul et du&lt;em&gt; Testament Nevez &lt;/em&gt;(1988) ; Laurent Bleuven (1898-1980), directeur de la revue missionnaire &lt;em&gt;Lizeri Breuriez ar feiz&lt;/em&gt; depuis 1965 ; les frères des écoles chrétiennes Corentin Riou (1913-1995) et Vincent Seité (1908-1994), auteur d’un dictionnaire et d’une méthode de breton. Lors du décès du chanoine Nédélec en 1971 sa nécrologie évoque la &lt;em&gt;Vision d’Ezekiel&lt;/em&gt; qu’il était alors en train de traduire et qui fut lue lors de ses obsèques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la même période les initiatives sont multiples autour de la valorisation de la langue bretonne. Une commission interdiocésaine pour la traduction des textes liturgiques se met en place en 1965. « Il y a quinze ans, dès que le Saint-Siège autorisé les premiers essais de langue vernaculaire en liturgie, l’Evêque de Quimper obtint le bénéfice de ces mesures pour le breton et fit éditer, en 1950, un rituel latin-breton toujours valable. En 1964, après la promulgation de la constitution conciliaire sur la liturgie, les évêques de Bretagne firent les démarches pour faire reconnaitre le breton comme langue liturgique. Et, en septembre de la même année, fut mise sur pied la Commission interdiocésaine des textes liturgiques en breton, sous la présidence de S. Exc. M&lt;sup&gt;gr&lt;/sup&gt; Favé, avec le concours de prêtres et de laïcs&lt;a title="" href="#_ftn4"&gt;[4]&lt;/a&gt;. » Deux ans plus tard, le diocèse de Saint-Brieuc publie des prières eucharistiques en breton. En 1972, M&lt;sup&gt;gr&lt;/sup&gt; Barbu donne son imprimatur pour un Missel et lectionnaire breton.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La &lt;em&gt;Kenvreuriez&lt;/em&gt; reconstituée assure ainsi la traduction de textes liturgiques, à commencer par l’&lt;em&gt;Ordo missae&lt;/em&gt;, puis le lectionnaire breton des dimanches et fêtes. Les textes sont publiés dans des cahiers ronéotés reprenant le nom de &lt;em&gt;Kenvreuriez ar brezoneg&lt;/em&gt;. « Ce titre fait revivre l’association qui, au séminaire de Quimper, rassemblait les séminaristes attachés à la langue bretonne, pour l’apprendre ou pour s’y perfectionner. »&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D’autres ouvrages d’importance suivent, comme l’Evangile en breton &lt;em&gt;Aviel Jezuz Krist&lt;/em&gt; (1982), le &lt;em&gt;Testamant nevez eil lodenn&lt;/em&gt; (1988), puis le &lt;em&gt;Leor an overenn hag ar zakramanchou&lt;/em&gt;, publié en 1997 par Minihi Levenez, le centre spirituel bretonnant qui se place alors en héritier de la &lt;em&gt;Kenvreuriez ar brezoneg&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;
&lt;p&gt;&lt;a title="" href="#_ftnref1"&gt;[1]&lt;/a&gt; Sur la première &lt;em&gt;Kenvreuriez&lt;/em&gt;, voir Christian Brunel, « L’Académie bretonne au grand séminaire de Quimper », &lt;em&gt;Les parlers de la foi&lt;/em&gt;, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 1995.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;
&lt;p&gt;&lt;a title="" href="#_ftnref2"&gt;[2]&lt;/a&gt; &lt;em&gt;Semaine religieuse de Quimper et Léon&lt;/em&gt;, 30 juillet 1943, p. 236-237.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;
&lt;p&gt;&lt;a title="" href="#_ftnref3"&gt;[3]&lt;/a&gt; &lt;em&gt;Semaine religieuse de Quimper et Léon&lt;/em&gt;, 20 juin 1971, p. 376.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;
&lt;p&gt;&lt;a title="" href="#_ftnref4"&gt;[4]&lt;/a&gt; &lt;em&gt;Semaine religieuse de Quimper et Léon&lt;/em&gt;, 12 mars 1965, p. 197.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;</text>
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&lt;p&gt;L’Académie est refondée le 23 juillet 1942 par M&lt;sup&gt;gr&lt;/sup&gt; Duparc pour « maintenir et propager la langue bretonne dans le diocèse&lt;a title="" href="#_ftn2"&gt;[2]&lt;/a&gt;. » Son président d’honneur en est le vicaire général Joncour, son président le chanoine François Le Ster (1888-1969), inspecteur général de l’enseignement libre. Autour de lui, Per-Yan Nédélec est nommé trésorier, l’abbé François Guivarc’h (1897-1974) aumônier au cours normal étant le secrétaire. Parmi les membres, le chanoine Favé, alors sous-directeur des œuvres ; avec ces prêtres diocésains des religieux OMI, montfortains, capucins ou jésuites, viennent apporter leurs connaissance de la langue. Cette même année l’étude du breton devient obligatoire dans toutes les écoles primaires libres du diocèse. En parallèle des travaux éditoriaux sont lancés, comme la traduction du catéchisme. &lt;em&gt;Va c’hatekiz bihan&lt;/em&gt; et &lt;em&gt;Va c’hatekiz Krenn&lt;/em&gt; sont publiés en 1943 sous l’impulsion de l’Académie. Un recueil de sermons bretons doit paraître en 1944 également, ainsi qu’une &lt;em&gt;Vie de Jésus&lt;/em&gt; et une &lt;em&gt;Messe dialoguée pour les enfants&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Libération et la disqualification générale du mouvement breton au sortir de la deuxième Guerre Mondiale donnent un coup d’arrêt au développement de l’Académie. Elle réapparait cependant, sous une autre forme, dans le sillage du concile Vatican II. C’est l’époque où la culture bretonne sous toutes ses formes revient en force auprès des jeunes générations, quand radio et même la télévision débutante commencent à émettre en breton. Les catholiques bretonnants peuvent encore rencontrer une certaine incompréhension de la part de l’Église officielle qui ne propose quasiment aucun texte brittophone pour la célébration des offices : « beaucoup de militants bretons se demandent si c’est consciemment que l’Église en Bretagne participe au déracinement culturel des bretons&lt;a title="" href="#_ftn3"&gt;[3]&lt;/a&gt;… »&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L’Académie bretonne assure alors la traduction des textes liturgiques en langue vernaculaire, selon les principes déterminés par le Concile et la constitution sur la liturgie &lt;em&gt;Sacrosanctum Concilium&lt;/em&gt; promulguée le 4 décembre 1963. Au diocèse de Quimper, la &lt;em&gt;Kenvreuriez&lt;/em&gt; est désormais dirigée par M&lt;sup&gt;gr&lt;/sup&gt; Visant Favé (1902-1997), évêque auxiliaire réputé pour ses talents de bretonnant. Dans son équipe, il dirige les pères Per-Yann Nédélec (1911-1971), archiviste diocésain et président de la Société archéologique du Finistère ; Joseph Seité (1919-1985), disciple de l’abbé Perrot, membre actif du &lt;em&gt;Bleun-Brug&lt;/em&gt; et animateur des émissions bretonnes à la radio ; François Élard (1910-1988) qui travaille sous la direction de M&lt;sup&gt;gr&lt;/sup&gt; Favé à la traduction de l’Apocalypse, des Épitres de Saint-Paul et du&lt;em&gt; Testament Nevez &lt;/em&gt;(1988) ; Laurent Bleuven (1898-1980), directeur de la revue missionnaire &lt;em&gt;Lizeri Breuriez ar feiz&lt;/em&gt; depuis 1965 ; les frères des écoles chrétiennes Corentin Riou (1913-1995) et Vincent Seité (1908-1994), auteur d’un dictionnaire et d’une méthode de breton. Lors du décès du chanoine Nédélec en 1971 sa nécrologie évoque la &lt;em&gt;Vision d’Ezekiel&lt;/em&gt; qu’il était alors en train de traduire et qui fut lue lors de ses obsèques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la même période les initiatives sont multiples autour de la valorisation de la langue bretonne. Une commission interdiocésaine pour la traduction des textes liturgiques se met en place en 1965. « Il y a quinze ans, dès que le Saint-Siège autorisé les premiers essais de langue vernaculaire en liturgie, l’Evêque de Quimper obtint le bénéfice de ces mesures pour le breton et fit éditer, en 1950, un rituel latin-breton toujours valable. En 1964, après la promulgation de la constitution conciliaire sur la liturgie, les évêques de Bretagne firent les démarches pour faire reconnaitre le breton comme langue liturgique. Et, en septembre de la même année, fut mise sur pied la Commission interdiocésaine des textes liturgiques en breton, sous la présidence de S. Exc. M&lt;sup&gt;gr&lt;/sup&gt; Favé, avec le concours de prêtres et de laïcs&lt;a title="" href="#_ftn4"&gt;[4]&lt;/a&gt;. » Deux ans plus tard, le diocèse de Saint-Brieuc publie des prières eucharistiques en breton. En 1972, M&lt;sup&gt;gr&lt;/sup&gt; Barbu donne son imprimatur pour un Missel et lectionnaire breton.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La &lt;em&gt;Kenvreuriez&lt;/em&gt; reconstituée assure ainsi la traduction de textes liturgiques, à commencer par l’&lt;em&gt;Ordo missae&lt;/em&gt;, puis le lectionnaire breton des dimanches et fêtes. Les textes sont publiés dans des cahiers ronéotés reprenant le nom de &lt;em&gt;Kenvreuriez ar brezoneg&lt;/em&gt;. « Ce titre fait revivre l’association qui, au séminaire de Quimper, rassemblait les séminaristes attachés à la langue bretonne, pour l’apprendre ou pour s’y perfectionner. »&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D’autres ouvrages d’importance suivent, comme l’Evangile en breton &lt;em&gt;Aviel Jezuz Krist&lt;/em&gt; (1982), le &lt;em&gt;Testamant nevez eil lodenn&lt;/em&gt; (1988), puis le &lt;em&gt;Leor an overenn hag ar zakramanchou&lt;/em&gt;, publié en 1997 par Minihi Levenez, le centre spirituel bretonnant qui se place alors en héritier de la &lt;em&gt;Kenvreuriez ar brezoneg&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;
&lt;p&gt;&lt;a title="" href="#_ftnref1"&gt;[1]&lt;/a&gt; Sur la première &lt;em&gt;Kenvreuriez&lt;/em&gt;, voir Christian Brunel, « L’Académie bretonne au grand séminaire de Quimper », &lt;em&gt;Les parlers de la foi&lt;/em&gt;, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 1995.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;
&lt;p&gt;&lt;a title="" href="#_ftnref2"&gt;[2]&lt;/a&gt; &lt;em&gt;Semaine religieuse de Quimper et Léon&lt;/em&gt;, 30 juillet 1943, p. 236-237.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;
&lt;p&gt;&lt;a title="" href="#_ftnref3"&gt;[3]&lt;/a&gt; &lt;em&gt;Semaine religieuse de Quimper et Léon&lt;/em&gt;, 20 juin 1971, p. 376.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;
&lt;p&gt;&lt;a title="" href="#_ftnref4"&gt;[4]&lt;/a&gt; &lt;em&gt;Semaine religieuse de Quimper et Léon&lt;/em&gt;, 12 mars 1965, p. 197.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;</text>
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                  <text>&lt;p&gt;L’&lt;em&gt;Académie bretonne&lt;/em&gt; est initialement fondée au Grand Séminaire de Quimper le 14 février 1894&lt;a title="" href="#_ftn1"&gt;[1]&lt;/a&gt; par six séminaristes, dans des conditions précaires : sans lieu ni directives, elle s’éteint rapidement, avant de connaître un nouvel essor en octobre 1901 sous l’impulsion du séminariste Jean-Marie Perrot. Outre l’aspect proprement pastoral, il s’agit ici d’étudier les aspects linguistiques et plus globalement développer la langue et l’histoire de la Bretagne. Des cours de breton sont organisés au grand séminaire, puis dans les séminaires de Vannes et Saint-Brieuc. En s’inscrivant dans une position mesurée sur la querelle de l’orthographe, la &lt;em&gt;Kenvreuriez&lt;/em&gt; suit néanmoins les principes généraux du linguiste Le Gonidec, premier traducteur au XIXe siècle de la Bible en breton. Peu à peu se compose le lien entre la foi et la langue, &lt;em&gt;Feiz ha Breiz,&lt;/em&gt; dans le contexte tendu de la séparation des Églises et de l’État. Les effectifs de l’Académie atteignent une soixantaine de personnes en 1914, soit 1/5 du nombre des séminaristes. La &lt;em&gt;Kenvreuriez&lt;/em&gt; se maintient dans cette forme jusqu’à la Seconde guerre mondiale, poursuivant son œuvre. En 1936, pour la première fois, un professeur officiel de breton est nommé au grand séminaire, l’abbé Pierre-Jean Nédélec.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L’Académie est refondée le 23 juillet 1942 par M&lt;sup&gt;gr&lt;/sup&gt; Duparc pour « maintenir et propager la langue bretonne dans le diocèse&lt;a title="" href="#_ftn2"&gt;[2]&lt;/a&gt;. » Son président d’honneur en est le vicaire général Joncour, son président le chanoine François Le Ster (1888-1969), inspecteur général de l’enseignement libre. Autour de lui, Per-Yan Nédélec est nommé trésorier, l’abbé François Guivarc’h (1897-1974) aumônier au cours normal étant le secrétaire. Parmi les membres, le chanoine Favé, alors sous-directeur des œuvres ; avec ces prêtres diocésains des religieux OMI, montfortains, capucins ou jésuites, viennent apporter leurs connaissance de la langue. Cette même année l’étude du breton devient obligatoire dans toutes les écoles primaires libres du diocèse. En parallèle des travaux éditoriaux sont lancés, comme la traduction du catéchisme. &lt;em&gt;Va c’hatekiz bihan&lt;/em&gt; et &lt;em&gt;Va c’hatekiz Krenn&lt;/em&gt; sont publiés en 1943 sous l’impulsion de l’Académie. Un recueil de sermons bretons doit paraître en 1944 également, ainsi qu’une &lt;em&gt;Vie de Jésus&lt;/em&gt; et une &lt;em&gt;Messe dialoguée pour les enfants&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Libération et la disqualification générale du mouvement breton au sortir de la deuxième Guerre Mondiale donnent un coup d’arrêt au développement de l’Académie. Elle réapparait cependant, sous une autre forme, dans le sillage du concile Vatican II. C’est l’époque où la culture bretonne sous toutes ses formes revient en force auprès des jeunes générations, quand radio et même la télévision débutante commencent à émettre en breton. Les catholiques bretonnants peuvent encore rencontrer une certaine incompréhension de la part de l’Église officielle qui ne propose quasiment aucun texte brittophone pour la célébration des offices : « beaucoup de militants bretons se demandent si c’est consciemment que l’Église en Bretagne participe au déracinement culturel des bretons&lt;a title="" href="#_ftn3"&gt;[3]&lt;/a&gt;… »&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L’Académie bretonne assure alors la traduction des textes liturgiques en langue vernaculaire, selon les principes déterminés par le Concile et la constitution sur la liturgie &lt;em&gt;Sacrosanctum Concilium&lt;/em&gt; promulguée le 4 décembre 1963. Au diocèse de Quimper, la &lt;em&gt;Kenvreuriez&lt;/em&gt; est désormais dirigée par M&lt;sup&gt;gr&lt;/sup&gt; Visant Favé (1902-1997), évêque auxiliaire réputé pour ses talents de bretonnant. Dans son équipe, il dirige les pères Per-Yann Nédélec (1911-1971), archiviste diocésain et président de la Société archéologique du Finistère ; Joseph Seité (1919-1985), disciple de l’abbé Perrot, membre actif du &lt;em&gt;Bleun-Brug&lt;/em&gt; et animateur des émissions bretonnes à la radio ; François Élard (1910-1988) qui travaille sous la direction de M&lt;sup&gt;gr&lt;/sup&gt; Favé à la traduction de l’Apocalypse, des Épitres de Saint-Paul et du&lt;em&gt; Testament Nevez &lt;/em&gt;(1988) ; Laurent Bleuven (1898-1980), directeur de la revue missionnaire &lt;em&gt;Lizeri Breuriez ar feiz&lt;/em&gt; depuis 1965 ; les frères des écoles chrétiennes Corentin Riou (1913-1995) et Vincent Seité (1908-1994), auteur d’un dictionnaire et d’une méthode de breton. Lors du décès du chanoine Nédélec en 1971 sa nécrologie évoque la &lt;em&gt;Vision d’Ezekiel&lt;/em&gt; qu’il était alors en train de traduire et qui fut lue lors de ses obsèques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la même période les initiatives sont multiples autour de la valorisation de la langue bretonne. Une commission interdiocésaine pour la traduction des textes liturgiques se met en place en 1965. « Il y a quinze ans, dès que le Saint-Siège autorisé les premiers essais de langue vernaculaire en liturgie, l’Evêque de Quimper obtint le bénéfice de ces mesures pour le breton et fit éditer, en 1950, un rituel latin-breton toujours valable. En 1964, après la promulgation de la constitution conciliaire sur la liturgie, les évêques de Bretagne firent les démarches pour faire reconnaitre le breton comme langue liturgique. Et, en septembre de la même année, fut mise sur pied la Commission interdiocésaine des textes liturgiques en breton, sous la présidence de S. Exc. M&lt;sup&gt;gr&lt;/sup&gt; Favé, avec le concours de prêtres et de laïcs&lt;a title="" href="#_ftn4"&gt;[4]&lt;/a&gt;. » Deux ans plus tard, le diocèse de Saint-Brieuc publie des prières eucharistiques en breton. En 1972, M&lt;sup&gt;gr&lt;/sup&gt; Barbu donne son imprimatur pour un Missel et lectionnaire breton.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La &lt;em&gt;Kenvreuriez&lt;/em&gt; reconstituée assure ainsi la traduction de textes liturgiques, à commencer par l’&lt;em&gt;Ordo missae&lt;/em&gt;, puis le lectionnaire breton des dimanches et fêtes. Les textes sont publiés dans des cahiers ronéotés reprenant le nom de &lt;em&gt;Kenvreuriez ar brezoneg&lt;/em&gt;. « Ce titre fait revivre l’association qui, au séminaire de Quimper, rassemblait les séminaristes attachés à la langue bretonne, pour l’apprendre ou pour s’y perfectionner. »&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D’autres ouvrages d’importance suivent, comme l’Evangile en breton &lt;em&gt;Aviel Jezuz Krist&lt;/em&gt; (1982), le &lt;em&gt;Testamant nevez eil lodenn&lt;/em&gt; (1988), puis le &lt;em&gt;Leor an overenn hag ar zakramanchou&lt;/em&gt;, publié en 1997 par Minihi Levenez, le centre spirituel bretonnant qui se place alors en héritier de la &lt;em&gt;Kenvreuriez ar brezoneg&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;
&lt;p&gt;&lt;a title="" href="#_ftnref1"&gt;[1]&lt;/a&gt; Sur la première &lt;em&gt;Kenvreuriez&lt;/em&gt;, voir Christian Brunel, « L’Académie bretonne au grand séminaire de Quimper », &lt;em&gt;Les parlers de la foi&lt;/em&gt;, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 1995.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;
&lt;p&gt;&lt;a title="" href="#_ftnref2"&gt;[2]&lt;/a&gt; &lt;em&gt;Semaine religieuse de Quimper et Léon&lt;/em&gt;, 30 juillet 1943, p. 236-237.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;
&lt;p&gt;&lt;a title="" href="#_ftnref3"&gt;[3]&lt;/a&gt; &lt;em&gt;Semaine religieuse de Quimper et Léon&lt;/em&gt;, 20 juin 1971, p. 376.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;
&lt;p&gt;&lt;a title="" href="#_ftnref4"&gt;[4]&lt;/a&gt; &lt;em&gt;Semaine religieuse de Quimper et Léon&lt;/em&gt;, 12 mars 1965, p. 197.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;</text>
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&lt;p&gt;L’Académie est refondée le 23 juillet 1942 par M&lt;sup&gt;gr&lt;/sup&gt; Duparc pour « maintenir et propager la langue bretonne dans le diocèse&lt;a title="" href="#_ftn2"&gt;[2]&lt;/a&gt;. » Son président d’honneur en est le vicaire général Joncour, son président le chanoine François Le Ster (1888-1969), inspecteur général de l’enseignement libre. Autour de lui, Per-Yan Nédélec est nommé trésorier, l’abbé François Guivarc’h (1897-1974) aumônier au cours normal étant le secrétaire. Parmi les membres, le chanoine Favé, alors sous-directeur des œuvres ; avec ces prêtres diocésains des religieux OMI, montfortains, capucins ou jésuites, viennent apporter leurs connaissance de la langue. Cette même année l’étude du breton devient obligatoire dans toutes les écoles primaires libres du diocèse. En parallèle des travaux éditoriaux sont lancés, comme la traduction du catéchisme. &lt;em&gt;Va c’hatekiz bihan&lt;/em&gt; et &lt;em&gt;Va c’hatekiz Krenn&lt;/em&gt; sont publiés en 1943 sous l’impulsion de l’Académie. Un recueil de sermons bretons doit paraître en 1944 également, ainsi qu’une &lt;em&gt;Vie de Jésus&lt;/em&gt; et une &lt;em&gt;Messe dialoguée pour les enfants&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Libération et la disqualification générale du mouvement breton au sortir de la deuxième Guerre Mondiale donnent un coup d’arrêt au développement de l’Académie. Elle réapparait cependant, sous une autre forme, dans le sillage du concile Vatican II. C’est l’époque où la culture bretonne sous toutes ses formes revient en force auprès des jeunes générations, quand radio et même la télévision débutante commencent à émettre en breton. Les catholiques bretonnants peuvent encore rencontrer une certaine incompréhension de la part de l’Église officielle qui ne propose quasiment aucun texte brittophone pour la célébration des offices : « beaucoup de militants bretons se demandent si c’est consciemment que l’Église en Bretagne participe au déracinement culturel des bretons&lt;a title="" href="#_ftn3"&gt;[3]&lt;/a&gt;… »&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L’Académie bretonne assure alors la traduction des textes liturgiques en langue vernaculaire, selon les principes déterminés par le Concile et la constitution sur la liturgie &lt;em&gt;Sacrosanctum Concilium&lt;/em&gt; promulguée le 4 décembre 1963. Au diocèse de Quimper, la &lt;em&gt;Kenvreuriez&lt;/em&gt; est désormais dirigée par M&lt;sup&gt;gr&lt;/sup&gt; Visant Favé (1902-1997), évêque auxiliaire réputé pour ses talents de bretonnant. Dans son équipe, il dirige les pères Per-Yann Nédélec (1911-1971), archiviste diocésain et président de la Société archéologique du Finistère ; Joseph Seité (1919-1985), disciple de l’abbé Perrot, membre actif du &lt;em&gt;Bleun-Brug&lt;/em&gt; et animateur des émissions bretonnes à la radio ; François Élard (1910-1988) qui travaille sous la direction de M&lt;sup&gt;gr&lt;/sup&gt; Favé à la traduction de l’Apocalypse, des Épitres de Saint-Paul et du&lt;em&gt; Testament Nevez &lt;/em&gt;(1988) ; Laurent Bleuven (1898-1980), directeur de la revue missionnaire &lt;em&gt;Lizeri Breuriez ar feiz&lt;/em&gt; depuis 1965 ; les frères des écoles chrétiennes Corentin Riou (1913-1995) et Vincent Seité (1908-1994), auteur d’un dictionnaire et d’une méthode de breton. Lors du décès du chanoine Nédélec en 1971 sa nécrologie évoque la &lt;em&gt;Vision d’Ezekiel&lt;/em&gt; qu’il était alors en train de traduire et qui fut lue lors de ses obsèques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la même période les initiatives sont multiples autour de la valorisation de la langue bretonne. Une commission interdiocésaine pour la traduction des textes liturgiques se met en place en 1965. « Il y a quinze ans, dès que le Saint-Siège autorisé les premiers essais de langue vernaculaire en liturgie, l’Evêque de Quimper obtint le bénéfice de ces mesures pour le breton et fit éditer, en 1950, un rituel latin-breton toujours valable. En 1964, après la promulgation de la constitution conciliaire sur la liturgie, les évêques de Bretagne firent les démarches pour faire reconnaitre le breton comme langue liturgique. Et, en septembre de la même année, fut mise sur pied la Commission interdiocésaine des textes liturgiques en breton, sous la présidence de S. Exc. M&lt;sup&gt;gr&lt;/sup&gt; Favé, avec le concours de prêtres et de laïcs&lt;a title="" href="#_ftn4"&gt;[4]&lt;/a&gt;. » Deux ans plus tard, le diocèse de Saint-Brieuc publie des prières eucharistiques en breton. En 1972, M&lt;sup&gt;gr&lt;/sup&gt; Barbu donne son imprimatur pour un Missel et lectionnaire breton.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La &lt;em&gt;Kenvreuriez&lt;/em&gt; reconstituée assure ainsi la traduction de textes liturgiques, à commencer par l’&lt;em&gt;Ordo missae&lt;/em&gt;, puis le lectionnaire breton des dimanches et fêtes. Les textes sont publiés dans des cahiers ronéotés reprenant le nom de &lt;em&gt;Kenvreuriez ar brezoneg&lt;/em&gt;. « Ce titre fait revivre l’association qui, au séminaire de Quimper, rassemblait les séminaristes attachés à la langue bretonne, pour l’apprendre ou pour s’y perfectionner. »&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D’autres ouvrages d’importance suivent, comme l’Evangile en breton &lt;em&gt;Aviel Jezuz Krist&lt;/em&gt; (1982), le &lt;em&gt;Testamant nevez eil lodenn&lt;/em&gt; (1988), puis le &lt;em&gt;Leor an overenn hag ar zakramanchou&lt;/em&gt;, publié en 1997 par Minihi Levenez, le centre spirituel bretonnant qui se place alors en héritier de la &lt;em&gt;Kenvreuriez ar brezoneg&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;
&lt;p&gt;&lt;a title="" href="#_ftnref1"&gt;[1]&lt;/a&gt; Sur la première &lt;em&gt;Kenvreuriez&lt;/em&gt;, voir Christian Brunel, « L’Académie bretonne au grand séminaire de Quimper », &lt;em&gt;Les parlers de la foi&lt;/em&gt;, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 1995.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;
&lt;p&gt;&lt;a title="" href="#_ftnref2"&gt;[2]&lt;/a&gt; &lt;em&gt;Semaine religieuse de Quimper et Léon&lt;/em&gt;, 30 juillet 1943, p. 236-237.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;
&lt;p&gt;&lt;a title="" href="#_ftnref3"&gt;[3]&lt;/a&gt; &lt;em&gt;Semaine religieuse de Quimper et Léon&lt;/em&gt;, 20 juin 1971, p. 376.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;
&lt;p&gt;&lt;a title="" href="#_ftnref4"&gt;[4]&lt;/a&gt; &lt;em&gt;Semaine religieuse de Quimper et Léon&lt;/em&gt;, 12 mars 1965, p. 197.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;</text>
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                  <text>&lt;p&gt;L’&lt;em&gt;Académie bretonne&lt;/em&gt; est initialement fondée au Grand Séminaire de Quimper le 14 février 1894&lt;a title="" href="#_ftn1"&gt;[1]&lt;/a&gt; par six séminaristes, dans des conditions précaires : sans lieu ni directives, elle s’éteint rapidement, avant de connaître un nouvel essor en octobre 1901 sous l’impulsion du séminariste Jean-Marie Perrot. Outre l’aspect proprement pastoral, il s’agit ici d’étudier les aspects linguistiques et plus globalement développer la langue et l’histoire de la Bretagne. Des cours de breton sont organisés au grand séminaire, puis dans les séminaires de Vannes et Saint-Brieuc. En s’inscrivant dans une position mesurée sur la querelle de l’orthographe, la &lt;em&gt;Kenvreuriez&lt;/em&gt; suit néanmoins les principes généraux du linguiste Le Gonidec, premier traducteur au XIXe siècle de la Bible en breton. Peu à peu se compose le lien entre la foi et la langue, &lt;em&gt;Feiz ha Breiz,&lt;/em&gt; dans le contexte tendu de la séparation des Églises et de l’État. Les effectifs de l’Académie atteignent une soixantaine de personnes en 1914, soit 1/5 du nombre des séminaristes. La &lt;em&gt;Kenvreuriez&lt;/em&gt; se maintient dans cette forme jusqu’à la Seconde guerre mondiale, poursuivant son œuvre. En 1936, pour la première fois, un professeur officiel de breton est nommé au grand séminaire, l’abbé Pierre-Jean Nédélec.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L’Académie est refondée le 23 juillet 1942 par M&lt;sup&gt;gr&lt;/sup&gt; Duparc pour « maintenir et propager la langue bretonne dans le diocèse&lt;a title="" href="#_ftn2"&gt;[2]&lt;/a&gt;. » Son président d’honneur en est le vicaire général Joncour, son président le chanoine François Le Ster (1888-1969), inspecteur général de l’enseignement libre. Autour de lui, Per-Yan Nédélec est nommé trésorier, l’abbé François Guivarc’h (1897-1974) aumônier au cours normal étant le secrétaire. Parmi les membres, le chanoine Favé, alors sous-directeur des œuvres ; avec ces prêtres diocésains des religieux OMI, montfortains, capucins ou jésuites, viennent apporter leurs connaissance de la langue. Cette même année l’étude du breton devient obligatoire dans toutes les écoles primaires libres du diocèse. En parallèle des travaux éditoriaux sont lancés, comme la traduction du catéchisme. &lt;em&gt;Va c’hatekiz bihan&lt;/em&gt; et &lt;em&gt;Va c’hatekiz Krenn&lt;/em&gt; sont publiés en 1943 sous l’impulsion de l’Académie. Un recueil de sermons bretons doit paraître en 1944 également, ainsi qu’une &lt;em&gt;Vie de Jésus&lt;/em&gt; et une &lt;em&gt;Messe dialoguée pour les enfants&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Libération et la disqualification générale du mouvement breton au sortir de la deuxième Guerre Mondiale donnent un coup d’arrêt au développement de l’Académie. Elle réapparait cependant, sous une autre forme, dans le sillage du concile Vatican II. C’est l’époque où la culture bretonne sous toutes ses formes revient en force auprès des jeunes générations, quand radio et même la télévision débutante commencent à émettre en breton. Les catholiques bretonnants peuvent encore rencontrer une certaine incompréhension de la part de l’Église officielle qui ne propose quasiment aucun texte brittophone pour la célébration des offices : « beaucoup de militants bretons se demandent si c’est consciemment que l’Église en Bretagne participe au déracinement culturel des bretons&lt;a title="" href="#_ftn3"&gt;[3]&lt;/a&gt;… »&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L’Académie bretonne assure alors la traduction des textes liturgiques en langue vernaculaire, selon les principes déterminés par le Concile et la constitution sur la liturgie &lt;em&gt;Sacrosanctum Concilium&lt;/em&gt; promulguée le 4 décembre 1963. Au diocèse de Quimper, la &lt;em&gt;Kenvreuriez&lt;/em&gt; est désormais dirigée par M&lt;sup&gt;gr&lt;/sup&gt; Visant Favé (1902-1997), évêque auxiliaire réputé pour ses talents de bretonnant. Dans son équipe, il dirige les pères Per-Yann Nédélec (1911-1971), archiviste diocésain et président de la Société archéologique du Finistère ; Joseph Seité (1919-1985), disciple de l’abbé Perrot, membre actif du &lt;em&gt;Bleun-Brug&lt;/em&gt; et animateur des émissions bretonnes à la radio ; François Élard (1910-1988) qui travaille sous la direction de M&lt;sup&gt;gr&lt;/sup&gt; Favé à la traduction de l’Apocalypse, des Épitres de Saint-Paul et du&lt;em&gt; Testament Nevez &lt;/em&gt;(1988) ; Laurent Bleuven (1898-1980), directeur de la revue missionnaire &lt;em&gt;Lizeri Breuriez ar feiz&lt;/em&gt; depuis 1965 ; les frères des écoles chrétiennes Corentin Riou (1913-1995) et Vincent Seité (1908-1994), auteur d’un dictionnaire et d’une méthode de breton. Lors du décès du chanoine Nédélec en 1971 sa nécrologie évoque la &lt;em&gt;Vision d’Ezekiel&lt;/em&gt; qu’il était alors en train de traduire et qui fut lue lors de ses obsèques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la même période les initiatives sont multiples autour de la valorisation de la langue bretonne. Une commission interdiocésaine pour la traduction des textes liturgiques se met en place en 1965. « Il y a quinze ans, dès que le Saint-Siège autorisé les premiers essais de langue vernaculaire en liturgie, l’Evêque de Quimper obtint le bénéfice de ces mesures pour le breton et fit éditer, en 1950, un rituel latin-breton toujours valable. En 1964, après la promulgation de la constitution conciliaire sur la liturgie, les évêques de Bretagne firent les démarches pour faire reconnaitre le breton comme langue liturgique. Et, en septembre de la même année, fut mise sur pied la Commission interdiocésaine des textes liturgiques en breton, sous la présidence de S. Exc. M&lt;sup&gt;gr&lt;/sup&gt; Favé, avec le concours de prêtres et de laïcs&lt;a title="" href="#_ftn4"&gt;[4]&lt;/a&gt;. » Deux ans plus tard, le diocèse de Saint-Brieuc publie des prières eucharistiques en breton. En 1972, M&lt;sup&gt;gr&lt;/sup&gt; Barbu donne son imprimatur pour un Missel et lectionnaire breton.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La &lt;em&gt;Kenvreuriez&lt;/em&gt; reconstituée assure ainsi la traduction de textes liturgiques, à commencer par l’&lt;em&gt;Ordo missae&lt;/em&gt;, puis le lectionnaire breton des dimanches et fêtes. Les textes sont publiés dans des cahiers ronéotés reprenant le nom de &lt;em&gt;Kenvreuriez ar brezoneg&lt;/em&gt;. « Ce titre fait revivre l’association qui, au séminaire de Quimper, rassemblait les séminaristes attachés à la langue bretonne, pour l’apprendre ou pour s’y perfectionner. »&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D’autres ouvrages d’importance suivent, comme l’Evangile en breton &lt;em&gt;Aviel Jezuz Krist&lt;/em&gt; (1982), le &lt;em&gt;Testamant nevez eil lodenn&lt;/em&gt; (1988), puis le &lt;em&gt;Leor an overenn hag ar zakramanchou&lt;/em&gt;, publié en 1997 par Minihi Levenez, le centre spirituel bretonnant qui se place alors en héritier de la &lt;em&gt;Kenvreuriez ar brezoneg&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;
&lt;p&gt;&lt;a title="" href="#_ftnref1"&gt;[1]&lt;/a&gt; Sur la première &lt;em&gt;Kenvreuriez&lt;/em&gt;, voir Christian Brunel, « L’Académie bretonne au grand séminaire de Quimper », &lt;em&gt;Les parlers de la foi&lt;/em&gt;, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 1995.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;
&lt;p&gt;&lt;a title="" href="#_ftnref2"&gt;[2]&lt;/a&gt; &lt;em&gt;Semaine religieuse de Quimper et Léon&lt;/em&gt;, 30 juillet 1943, p. 236-237.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;
&lt;p&gt;&lt;a title="" href="#_ftnref3"&gt;[3]&lt;/a&gt; &lt;em&gt;Semaine religieuse de Quimper et Léon&lt;/em&gt;, 20 juin 1971, p. 376.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;
&lt;p&gt;&lt;a title="" href="#_ftnref4"&gt;[4]&lt;/a&gt; &lt;em&gt;Semaine religieuse de Quimper et Léon&lt;/em&gt;, 12 mars 1965, p. 197.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;</text>
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&lt;p&gt;L’Académie est refondée le 23 juillet 1942 par M&lt;sup&gt;gr&lt;/sup&gt; Duparc pour « maintenir et propager la langue bretonne dans le diocèse&lt;a title="" href="#_ftn2"&gt;[2]&lt;/a&gt;. » Son président d’honneur en est le vicaire général Joncour, son président le chanoine François Le Ster (1888-1969), inspecteur général de l’enseignement libre. Autour de lui, Per-Yan Nédélec est nommé trésorier, l’abbé François Guivarc’h (1897-1974) aumônier au cours normal étant le secrétaire. Parmi les membres, le chanoine Favé, alors sous-directeur des œuvres ; avec ces prêtres diocésains des religieux OMI, montfortains, capucins ou jésuites, viennent apporter leurs connaissance de la langue. Cette même année l’étude du breton devient obligatoire dans toutes les écoles primaires libres du diocèse. En parallèle des travaux éditoriaux sont lancés, comme la traduction du catéchisme. &lt;em&gt;Va c’hatekiz bihan&lt;/em&gt; et &lt;em&gt;Va c’hatekiz Krenn&lt;/em&gt; sont publiés en 1943 sous l’impulsion de l’Académie. Un recueil de sermons bretons doit paraître en 1944 également, ainsi qu’une &lt;em&gt;Vie de Jésus&lt;/em&gt; et une &lt;em&gt;Messe dialoguée pour les enfants&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Libération et la disqualification générale du mouvement breton au sortir de la deuxième Guerre Mondiale donnent un coup d’arrêt au développement de l’Académie. Elle réapparait cependant, sous une autre forme, dans le sillage du concile Vatican II. C’est l’époque où la culture bretonne sous toutes ses formes revient en force auprès des jeunes générations, quand radio et même la télévision débutante commencent à émettre en breton. Les catholiques bretonnants peuvent encore rencontrer une certaine incompréhension de la part de l’Église officielle qui ne propose quasiment aucun texte brittophone pour la célébration des offices : « beaucoup de militants bretons se demandent si c’est consciemment que l’Église en Bretagne participe au déracinement culturel des bretons&lt;a title="" href="#_ftn3"&gt;[3]&lt;/a&gt;… »&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L’Académie bretonne assure alors la traduction des textes liturgiques en langue vernaculaire, selon les principes déterminés par le Concile et la constitution sur la liturgie &lt;em&gt;Sacrosanctum Concilium&lt;/em&gt; promulguée le 4 décembre 1963. Au diocèse de Quimper, la &lt;em&gt;Kenvreuriez&lt;/em&gt; est désormais dirigée par M&lt;sup&gt;gr&lt;/sup&gt; Visant Favé (1902-1997), évêque auxiliaire réputé pour ses talents de bretonnant. Dans son équipe, il dirige les pères Per-Yann Nédélec (1911-1971), archiviste diocésain et président de la Société archéologique du Finistère ; Joseph Seité (1919-1985), disciple de l’abbé Perrot, membre actif du &lt;em&gt;Bleun-Brug&lt;/em&gt; et animateur des émissions bretonnes à la radio ; François Élard (1910-1988) qui travaille sous la direction de M&lt;sup&gt;gr&lt;/sup&gt; Favé à la traduction de l’Apocalypse, des Épitres de Saint-Paul et du&lt;em&gt; Testament Nevez &lt;/em&gt;(1988) ; Laurent Bleuven (1898-1980), directeur de la revue missionnaire &lt;em&gt;Lizeri Breuriez ar feiz&lt;/em&gt; depuis 1965 ; les frères des écoles chrétiennes Corentin Riou (1913-1995) et Vincent Seité (1908-1994), auteur d’un dictionnaire et d’une méthode de breton. Lors du décès du chanoine Nédélec en 1971 sa nécrologie évoque la &lt;em&gt;Vision d’Ezekiel&lt;/em&gt; qu’il était alors en train de traduire et qui fut lue lors de ses obsèques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la même période les initiatives sont multiples autour de la valorisation de la langue bretonne. Une commission interdiocésaine pour la traduction des textes liturgiques se met en place en 1965. « Il y a quinze ans, dès que le Saint-Siège autorisé les premiers essais de langue vernaculaire en liturgie, l’Evêque de Quimper obtint le bénéfice de ces mesures pour le breton et fit éditer, en 1950, un rituel latin-breton toujours valable. En 1964, après la promulgation de la constitution conciliaire sur la liturgie, les évêques de Bretagne firent les démarches pour faire reconnaitre le breton comme langue liturgique. Et, en septembre de la même année, fut mise sur pied la Commission interdiocésaine des textes liturgiques en breton, sous la présidence de S. Exc. M&lt;sup&gt;gr&lt;/sup&gt; Favé, avec le concours de prêtres et de laïcs&lt;a title="" href="#_ftn4"&gt;[4]&lt;/a&gt;. » Deux ans plus tard, le diocèse de Saint-Brieuc publie des prières eucharistiques en breton. En 1972, M&lt;sup&gt;gr&lt;/sup&gt; Barbu donne son imprimatur pour un Missel et lectionnaire breton.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La &lt;em&gt;Kenvreuriez&lt;/em&gt; reconstituée assure ainsi la traduction de textes liturgiques, à commencer par l’&lt;em&gt;Ordo missae&lt;/em&gt;, puis le lectionnaire breton des dimanches et fêtes. Les textes sont publiés dans des cahiers ronéotés reprenant le nom de &lt;em&gt;Kenvreuriez ar brezoneg&lt;/em&gt;. « Ce titre fait revivre l’association qui, au séminaire de Quimper, rassemblait les séminaristes attachés à la langue bretonne, pour l’apprendre ou pour s’y perfectionner. »&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D’autres ouvrages d’importance suivent, comme l’Evangile en breton &lt;em&gt;Aviel Jezuz Krist&lt;/em&gt; (1982), le &lt;em&gt;Testamant nevez eil lodenn&lt;/em&gt; (1988), puis le &lt;em&gt;Leor an overenn hag ar zakramanchou&lt;/em&gt;, publié en 1997 par Minihi Levenez, le centre spirituel bretonnant qui se place alors en héritier de la &lt;em&gt;Kenvreuriez ar brezoneg&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;
&lt;p&gt;&lt;a title="" href="#_ftnref1"&gt;[1]&lt;/a&gt; Sur la première &lt;em&gt;Kenvreuriez&lt;/em&gt;, voir Christian Brunel, « L’Académie bretonne au grand séminaire de Quimper », &lt;em&gt;Les parlers de la foi&lt;/em&gt;, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 1995.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;
&lt;p&gt;&lt;a title="" href="#_ftnref2"&gt;[2]&lt;/a&gt; &lt;em&gt;Semaine religieuse de Quimper et Léon&lt;/em&gt;, 30 juillet 1943, p. 236-237.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;
&lt;p&gt;&lt;a title="" href="#_ftnref3"&gt;[3]&lt;/a&gt; &lt;em&gt;Semaine religieuse de Quimper et Léon&lt;/em&gt;, 20 juin 1971, p. 376.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;
&lt;p&gt;&lt;a title="" href="#_ftnref4"&gt;[4]&lt;/a&gt; &lt;em&gt;Semaine religieuse de Quimper et Léon&lt;/em&gt;, 12 mars 1965, p. 197.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
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                  <text>&lt;p&gt;L’&lt;em&gt;Académie bretonne&lt;/em&gt; est initialement fondée au Grand Séminaire de Quimper le 14 février 1894&lt;a title="" href="#_ftn1"&gt;[1]&lt;/a&gt; par six séminaristes, dans des conditions précaires : sans lieu ni directives, elle s’éteint rapidement, avant de connaître un nouvel essor en octobre 1901 sous l’impulsion du séminariste Jean-Marie Perrot. Outre l’aspect proprement pastoral, il s’agit ici d’étudier les aspects linguistiques et plus globalement développer la langue et l’histoire de la Bretagne. Des cours de breton sont organisés au grand séminaire, puis dans les séminaires de Vannes et Saint-Brieuc. En s’inscrivant dans une position mesurée sur la querelle de l’orthographe, la &lt;em&gt;Kenvreuriez&lt;/em&gt; suit néanmoins les principes généraux du linguiste Le Gonidec, premier traducteur au XIXe siècle de la Bible en breton. Peu à peu se compose le lien entre la foi et la langue, &lt;em&gt;Feiz ha Breiz,&lt;/em&gt; dans le contexte tendu de la séparation des Églises et de l’État. Les effectifs de l’Académie atteignent une soixantaine de personnes en 1914, soit 1/5 du nombre des séminaristes. La &lt;em&gt;Kenvreuriez&lt;/em&gt; se maintient dans cette forme jusqu’à la Seconde guerre mondiale, poursuivant son œuvre. En 1936, pour la première fois, un professeur officiel de breton est nommé au grand séminaire, l’abbé Pierre-Jean Nédélec.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L’Académie est refondée le 23 juillet 1942 par M&lt;sup&gt;gr&lt;/sup&gt; Duparc pour « maintenir et propager la langue bretonne dans le diocèse&lt;a title="" href="#_ftn2"&gt;[2]&lt;/a&gt;. » Son président d’honneur en est le vicaire général Joncour, son président le chanoine François Le Ster (1888-1969), inspecteur général de l’enseignement libre. Autour de lui, Per-Yan Nédélec est nommé trésorier, l’abbé François Guivarc’h (1897-1974) aumônier au cours normal étant le secrétaire. Parmi les membres, le chanoine Favé, alors sous-directeur des œuvres ; avec ces prêtres diocésains des religieux OMI, montfortains, capucins ou jésuites, viennent apporter leurs connaissance de la langue. Cette même année l’étude du breton devient obligatoire dans toutes les écoles primaires libres du diocèse. En parallèle des travaux éditoriaux sont lancés, comme la traduction du catéchisme. &lt;em&gt;Va c’hatekiz bihan&lt;/em&gt; et &lt;em&gt;Va c’hatekiz Krenn&lt;/em&gt; sont publiés en 1943 sous l’impulsion de l’Académie. Un recueil de sermons bretons doit paraître en 1944 également, ainsi qu’une &lt;em&gt;Vie de Jésus&lt;/em&gt; et une &lt;em&gt;Messe dialoguée pour les enfants&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Libération et la disqualification générale du mouvement breton au sortir de la deuxième Guerre Mondiale donnent un coup d’arrêt au développement de l’Académie. Elle réapparait cependant, sous une autre forme, dans le sillage du concile Vatican II. C’est l’époque où la culture bretonne sous toutes ses formes revient en force auprès des jeunes générations, quand radio et même la télévision débutante commencent à émettre en breton. Les catholiques bretonnants peuvent encore rencontrer une certaine incompréhension de la part de l’Église officielle qui ne propose quasiment aucun texte brittophone pour la célébration des offices : « beaucoup de militants bretons se demandent si c’est consciemment que l’Église en Bretagne participe au déracinement culturel des bretons&lt;a title="" href="#_ftn3"&gt;[3]&lt;/a&gt;… »&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L’Académie bretonne assure alors la traduction des textes liturgiques en langue vernaculaire, selon les principes déterminés par le Concile et la constitution sur la liturgie &lt;em&gt;Sacrosanctum Concilium&lt;/em&gt; promulguée le 4 décembre 1963. Au diocèse de Quimper, la &lt;em&gt;Kenvreuriez&lt;/em&gt; est désormais dirigée par M&lt;sup&gt;gr&lt;/sup&gt; Visant Favé (1902-1997), évêque auxiliaire réputé pour ses talents de bretonnant. Dans son équipe, il dirige les pères Per-Yann Nédélec (1911-1971), archiviste diocésain et président de la Société archéologique du Finistère ; Joseph Seité (1919-1985), disciple de l’abbé Perrot, membre actif du &lt;em&gt;Bleun-Brug&lt;/em&gt; et animateur des émissions bretonnes à la radio ; François Élard (1910-1988) qui travaille sous la direction de M&lt;sup&gt;gr&lt;/sup&gt; Favé à la traduction de l’Apocalypse, des Épitres de Saint-Paul et du&lt;em&gt; Testament Nevez &lt;/em&gt;(1988) ; Laurent Bleuven (1898-1980), directeur de la revue missionnaire &lt;em&gt;Lizeri Breuriez ar feiz&lt;/em&gt; depuis 1965 ; les frères des écoles chrétiennes Corentin Riou (1913-1995) et Vincent Seité (1908-1994), auteur d’un dictionnaire et d’une méthode de breton. Lors du décès du chanoine Nédélec en 1971 sa nécrologie évoque la &lt;em&gt;Vision d’Ezekiel&lt;/em&gt; qu’il était alors en train de traduire et qui fut lue lors de ses obsèques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la même période les initiatives sont multiples autour de la valorisation de la langue bretonne. Une commission interdiocésaine pour la traduction des textes liturgiques se met en place en 1965. « Il y a quinze ans, dès que le Saint-Siège autorisé les premiers essais de langue vernaculaire en liturgie, l’Evêque de Quimper obtint le bénéfice de ces mesures pour le breton et fit éditer, en 1950, un rituel latin-breton toujours valable. En 1964, après la promulgation de la constitution conciliaire sur la liturgie, les évêques de Bretagne firent les démarches pour faire reconnaitre le breton comme langue liturgique. Et, en septembre de la même année, fut mise sur pied la Commission interdiocésaine des textes liturgiques en breton, sous la présidence de S. Exc. M&lt;sup&gt;gr&lt;/sup&gt; Favé, avec le concours de prêtres et de laïcs&lt;a title="" href="#_ftn4"&gt;[4]&lt;/a&gt;. » Deux ans plus tard, le diocèse de Saint-Brieuc publie des prières eucharistiques en breton. En 1972, M&lt;sup&gt;gr&lt;/sup&gt; Barbu donne son imprimatur pour un Missel et lectionnaire breton.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La &lt;em&gt;Kenvreuriez&lt;/em&gt; reconstituée assure ainsi la traduction de textes liturgiques, à commencer par l’&lt;em&gt;Ordo missae&lt;/em&gt;, puis le lectionnaire breton des dimanches et fêtes. Les textes sont publiés dans des cahiers ronéotés reprenant le nom de &lt;em&gt;Kenvreuriez ar brezoneg&lt;/em&gt;. « Ce titre fait revivre l’association qui, au séminaire de Quimper, rassemblait les séminaristes attachés à la langue bretonne, pour l’apprendre ou pour s’y perfectionner. »&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D’autres ouvrages d’importance suivent, comme l’Evangile en breton &lt;em&gt;Aviel Jezuz Krist&lt;/em&gt; (1982), le &lt;em&gt;Testamant nevez eil lodenn&lt;/em&gt; (1988), puis le &lt;em&gt;Leor an overenn hag ar zakramanchou&lt;/em&gt;, publié en 1997 par Minihi Levenez, le centre spirituel bretonnant qui se place alors en héritier de la &lt;em&gt;Kenvreuriez ar brezoneg&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;
&lt;p&gt;&lt;a title="" href="#_ftnref1"&gt;[1]&lt;/a&gt; Sur la première &lt;em&gt;Kenvreuriez&lt;/em&gt;, voir Christian Brunel, « L’Académie bretonne au grand séminaire de Quimper », &lt;em&gt;Les parlers de la foi&lt;/em&gt;, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 1995.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;
&lt;p&gt;&lt;a title="" href="#_ftnref2"&gt;[2]&lt;/a&gt; &lt;em&gt;Semaine religieuse de Quimper et Léon&lt;/em&gt;, 30 juillet 1943, p. 236-237.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;
&lt;p&gt;&lt;a title="" href="#_ftnref3"&gt;[3]&lt;/a&gt; &lt;em&gt;Semaine religieuse de Quimper et Léon&lt;/em&gt;, 20 juin 1971, p. 376.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;
&lt;p&gt;&lt;a title="" href="#_ftnref4"&gt;[4]&lt;/a&gt; &lt;em&gt;Semaine religieuse de Quimper et Léon&lt;/em&gt;, 12 mars 1965, p. 197.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;</text>
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      <description>A resource consisting primarily of words for reading. Examples include books, letters, dissertations, poems, newspapers, articles, archives of mailing lists. Note that facsimiles or images of texts are still of the genre Text.</description>
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&lt;p&gt;L’Académie est refondée le 23 juillet 1942 par M&lt;sup&gt;gr&lt;/sup&gt; Duparc pour « maintenir et propager la langue bretonne dans le diocèse&lt;a title="" href="#_ftn2"&gt;[2]&lt;/a&gt;. » Son président d’honneur en est le vicaire général Joncour, son président le chanoine François Le Ster (1888-1969), inspecteur général de l’enseignement libre. Autour de lui, Per-Yan Nédélec est nommé trésorier, l’abbé François Guivarc’h (1897-1974) aumônier au cours normal étant le secrétaire. Parmi les membres, le chanoine Favé, alors sous-directeur des œuvres ; avec ces prêtres diocésains des religieux OMI, montfortains, capucins ou jésuites, viennent apporter leurs connaissance de la langue. Cette même année l’étude du breton devient obligatoire dans toutes les écoles primaires libres du diocèse. En parallèle des travaux éditoriaux sont lancés, comme la traduction du catéchisme. &lt;em&gt;Va c’hatekiz bihan&lt;/em&gt; et &lt;em&gt;Va c’hatekiz Krenn&lt;/em&gt; sont publiés en 1943 sous l’impulsion de l’Académie. Un recueil de sermons bretons doit paraître en 1944 également, ainsi qu’une &lt;em&gt;Vie de Jésus&lt;/em&gt; et une &lt;em&gt;Messe dialoguée pour les enfants&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Libération et la disqualification générale du mouvement breton au sortir de la deuxième Guerre Mondiale donnent un coup d’arrêt au développement de l’Académie. Elle réapparait cependant, sous une autre forme, dans le sillage du concile Vatican II. C’est l’époque où la culture bretonne sous toutes ses formes revient en force auprès des jeunes générations, quand radio et même la télévision débutante commencent à émettre en breton. Les catholiques bretonnants peuvent encore rencontrer une certaine incompréhension de la part de l’Église officielle qui ne propose quasiment aucun texte brittophone pour la célébration des offices : « beaucoup de militants bretons se demandent si c’est consciemment que l’Église en Bretagne participe au déracinement culturel des bretons&lt;a title="" href="#_ftn3"&gt;[3]&lt;/a&gt;… »&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L’Académie bretonne assure alors la traduction des textes liturgiques en langue vernaculaire, selon les principes déterminés par le Concile et la constitution sur la liturgie &lt;em&gt;Sacrosanctum Concilium&lt;/em&gt; promulguée le 4 décembre 1963. Au diocèse de Quimper, la &lt;em&gt;Kenvreuriez&lt;/em&gt; est désormais dirigée par M&lt;sup&gt;gr&lt;/sup&gt; Visant Favé (1902-1997), évêque auxiliaire réputé pour ses talents de bretonnant. Dans son équipe, il dirige les pères Per-Yann Nédélec (1911-1971), archiviste diocésain et président de la Société archéologique du Finistère ; Joseph Seité (1919-1985), disciple de l’abbé Perrot, membre actif du &lt;em&gt;Bleun-Brug&lt;/em&gt; et animateur des émissions bretonnes à la radio ; François Élard (1910-1988) qui travaille sous la direction de M&lt;sup&gt;gr&lt;/sup&gt; Favé à la traduction de l’Apocalypse, des Épitres de Saint-Paul et du&lt;em&gt; Testament Nevez &lt;/em&gt;(1988) ; Laurent Bleuven (1898-1980), directeur de la revue missionnaire &lt;em&gt;Lizeri Breuriez ar feiz&lt;/em&gt; depuis 1965 ; les frères des écoles chrétiennes Corentin Riou (1913-1995) et Vincent Seité (1908-1994), auteur d’un dictionnaire et d’une méthode de breton. Lors du décès du chanoine Nédélec en 1971 sa nécrologie évoque la &lt;em&gt;Vision d’Ezekiel&lt;/em&gt; qu’il était alors en train de traduire et qui fut lue lors de ses obsèques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la même période les initiatives sont multiples autour de la valorisation de la langue bretonne. Une commission interdiocésaine pour la traduction des textes liturgiques se met en place en 1965. « Il y a quinze ans, dès que le Saint-Siège autorisé les premiers essais de langue vernaculaire en liturgie, l’Evêque de Quimper obtint le bénéfice de ces mesures pour le breton et fit éditer, en 1950, un rituel latin-breton toujours valable. En 1964, après la promulgation de la constitution conciliaire sur la liturgie, les évêques de Bretagne firent les démarches pour faire reconnaitre le breton comme langue liturgique. Et, en septembre de la même année, fut mise sur pied la Commission interdiocésaine des textes liturgiques en breton, sous la présidence de S. Exc. M&lt;sup&gt;gr&lt;/sup&gt; Favé, avec le concours de prêtres et de laïcs&lt;a title="" href="#_ftn4"&gt;[4]&lt;/a&gt;. » Deux ans plus tard, le diocèse de Saint-Brieuc publie des prières eucharistiques en breton. En 1972, M&lt;sup&gt;gr&lt;/sup&gt; Barbu donne son imprimatur pour un Missel et lectionnaire breton.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La &lt;em&gt;Kenvreuriez&lt;/em&gt; reconstituée assure ainsi la traduction de textes liturgiques, à commencer par l’&lt;em&gt;Ordo missae&lt;/em&gt;, puis le lectionnaire breton des dimanches et fêtes. Les textes sont publiés dans des cahiers ronéotés reprenant le nom de &lt;em&gt;Kenvreuriez ar brezoneg&lt;/em&gt;. « Ce titre fait revivre l’association qui, au séminaire de Quimper, rassemblait les séminaristes attachés à la langue bretonne, pour l’apprendre ou pour s’y perfectionner. »&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D’autres ouvrages d’importance suivent, comme l’Evangile en breton &lt;em&gt;Aviel Jezuz Krist&lt;/em&gt; (1982), le &lt;em&gt;Testamant nevez eil lodenn&lt;/em&gt; (1988), puis le &lt;em&gt;Leor an overenn hag ar zakramanchou&lt;/em&gt;, publié en 1997 par Minihi Levenez, le centre spirituel bretonnant qui se place alors en héritier de la &lt;em&gt;Kenvreuriez ar brezoneg&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;
&lt;p&gt;&lt;a title="" href="#_ftnref1"&gt;[1]&lt;/a&gt; Sur la première &lt;em&gt;Kenvreuriez&lt;/em&gt;, voir Christian Brunel, « L’Académie bretonne au grand séminaire de Quimper », &lt;em&gt;Les parlers de la foi&lt;/em&gt;, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 1995.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;
&lt;p&gt;&lt;a title="" href="#_ftnref2"&gt;[2]&lt;/a&gt; &lt;em&gt;Semaine religieuse de Quimper et Léon&lt;/em&gt;, 30 juillet 1943, p. 236-237.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;
&lt;p&gt;&lt;a title="" href="#_ftnref3"&gt;[3]&lt;/a&gt; &lt;em&gt;Semaine religieuse de Quimper et Léon&lt;/em&gt;, 20 juin 1971, p. 376.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;
&lt;p&gt;&lt;a title="" href="#_ftnref4"&gt;[4]&lt;/a&gt; &lt;em&gt;Semaine religieuse de Quimper et Léon&lt;/em&gt;, 12 mars 1965, p. 197.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;</text>
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                  <text>&lt;p&gt;L’&lt;em&gt;Académie bretonne&lt;/em&gt; est initialement fondée au Grand Séminaire de Quimper le 14 février 1894&lt;a title="" href="#_ftn1"&gt;[1]&lt;/a&gt; par six séminaristes, dans des conditions précaires : sans lieu ni directives, elle s’éteint rapidement, avant de connaître un nouvel essor en octobre 1901 sous l’impulsion du séminariste Jean-Marie Perrot. Outre l’aspect proprement pastoral, il s’agit ici d’étudier les aspects linguistiques et plus globalement développer la langue et l’histoire de la Bretagne. Des cours de breton sont organisés au grand séminaire, puis dans les séminaires de Vannes et Saint-Brieuc. En s’inscrivant dans une position mesurée sur la querelle de l’orthographe, la &lt;em&gt;Kenvreuriez&lt;/em&gt; suit néanmoins les principes généraux du linguiste Le Gonidec, premier traducteur au XIXe siècle de la Bible en breton. Peu à peu se compose le lien entre la foi et la langue, &lt;em&gt;Feiz ha Breiz,&lt;/em&gt; dans le contexte tendu de la séparation des Églises et de l’État. Les effectifs de l’Académie atteignent une soixantaine de personnes en 1914, soit 1/5 du nombre des séminaristes. La &lt;em&gt;Kenvreuriez&lt;/em&gt; se maintient dans cette forme jusqu’à la Seconde guerre mondiale, poursuivant son œuvre. En 1936, pour la première fois, un professeur officiel de breton est nommé au grand séminaire, l’abbé Pierre-Jean Nédélec.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L’Académie est refondée le 23 juillet 1942 par M&lt;sup&gt;gr&lt;/sup&gt; Duparc pour « maintenir et propager la langue bretonne dans le diocèse&lt;a title="" href="#_ftn2"&gt;[2]&lt;/a&gt;. » Son président d’honneur en est le vicaire général Joncour, son président le chanoine François Le Ster (1888-1969), inspecteur général de l’enseignement libre. Autour de lui, Per-Yan Nédélec est nommé trésorier, l’abbé François Guivarc’h (1897-1974) aumônier au cours normal étant le secrétaire. Parmi les membres, le chanoine Favé, alors sous-directeur des œuvres ; avec ces prêtres diocésains des religieux OMI, montfortains, capucins ou jésuites, viennent apporter leurs connaissance de la langue. Cette même année l’étude du breton devient obligatoire dans toutes les écoles primaires libres du diocèse. En parallèle des travaux éditoriaux sont lancés, comme la traduction du catéchisme. &lt;em&gt;Va c’hatekiz bihan&lt;/em&gt; et &lt;em&gt;Va c’hatekiz Krenn&lt;/em&gt; sont publiés en 1943 sous l’impulsion de l’Académie. Un recueil de sermons bretons doit paraître en 1944 également, ainsi qu’une &lt;em&gt;Vie de Jésus&lt;/em&gt; et une &lt;em&gt;Messe dialoguée pour les enfants&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Libération et la disqualification générale du mouvement breton au sortir de la deuxième Guerre Mondiale donnent un coup d’arrêt au développement de l’Académie. Elle réapparait cependant, sous une autre forme, dans le sillage du concile Vatican II. C’est l’époque où la culture bretonne sous toutes ses formes revient en force auprès des jeunes générations, quand radio et même la télévision débutante commencent à émettre en breton. Les catholiques bretonnants peuvent encore rencontrer une certaine incompréhension de la part de l’Église officielle qui ne propose quasiment aucun texte brittophone pour la célébration des offices : « beaucoup de militants bretons se demandent si c’est consciemment que l’Église en Bretagne participe au déracinement culturel des bretons&lt;a title="" href="#_ftn3"&gt;[3]&lt;/a&gt;… »&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L’Académie bretonne assure alors la traduction des textes liturgiques en langue vernaculaire, selon les principes déterminés par le Concile et la constitution sur la liturgie &lt;em&gt;Sacrosanctum Concilium&lt;/em&gt; promulguée le 4 décembre 1963. Au diocèse de Quimper, la &lt;em&gt;Kenvreuriez&lt;/em&gt; est désormais dirigée par M&lt;sup&gt;gr&lt;/sup&gt; Visant Favé (1902-1997), évêque auxiliaire réputé pour ses talents de bretonnant. Dans son équipe, il dirige les pères Per-Yann Nédélec (1911-1971), archiviste diocésain et président de la Société archéologique du Finistère ; Joseph Seité (1919-1985), disciple de l’abbé Perrot, membre actif du &lt;em&gt;Bleun-Brug&lt;/em&gt; et animateur des émissions bretonnes à la radio ; François Élard (1910-1988) qui travaille sous la direction de M&lt;sup&gt;gr&lt;/sup&gt; Favé à la traduction de l’Apocalypse, des Épitres de Saint-Paul et du&lt;em&gt; Testament Nevez &lt;/em&gt;(1988) ; Laurent Bleuven (1898-1980), directeur de la revue missionnaire &lt;em&gt;Lizeri Breuriez ar feiz&lt;/em&gt; depuis 1965 ; les frères des écoles chrétiennes Corentin Riou (1913-1995) et Vincent Seité (1908-1994), auteur d’un dictionnaire et d’une méthode de breton. Lors du décès du chanoine Nédélec en 1971 sa nécrologie évoque la &lt;em&gt;Vision d’Ezekiel&lt;/em&gt; qu’il était alors en train de traduire et qui fut lue lors de ses obsèques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la même période les initiatives sont multiples autour de la valorisation de la langue bretonne. Une commission interdiocésaine pour la traduction des textes liturgiques se met en place en 1965. « Il y a quinze ans, dès que le Saint-Siège autorisé les premiers essais de langue vernaculaire en liturgie, l’Evêque de Quimper obtint le bénéfice de ces mesures pour le breton et fit éditer, en 1950, un rituel latin-breton toujours valable. En 1964, après la promulgation de la constitution conciliaire sur la liturgie, les évêques de Bretagne firent les démarches pour faire reconnaitre le breton comme langue liturgique. Et, en septembre de la même année, fut mise sur pied la Commission interdiocésaine des textes liturgiques en breton, sous la présidence de S. Exc. M&lt;sup&gt;gr&lt;/sup&gt; Favé, avec le concours de prêtres et de laïcs&lt;a title="" href="#_ftn4"&gt;[4]&lt;/a&gt;. » Deux ans plus tard, le diocèse de Saint-Brieuc publie des prières eucharistiques en breton. En 1972, M&lt;sup&gt;gr&lt;/sup&gt; Barbu donne son imprimatur pour un Missel et lectionnaire breton.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La &lt;em&gt;Kenvreuriez&lt;/em&gt; reconstituée assure ainsi la traduction de textes liturgiques, à commencer par l’&lt;em&gt;Ordo missae&lt;/em&gt;, puis le lectionnaire breton des dimanches et fêtes. Les textes sont publiés dans des cahiers ronéotés reprenant le nom de &lt;em&gt;Kenvreuriez ar brezoneg&lt;/em&gt;. « Ce titre fait revivre l’association qui, au séminaire de Quimper, rassemblait les séminaristes attachés à la langue bretonne, pour l’apprendre ou pour s’y perfectionner. »&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D’autres ouvrages d’importance suivent, comme l’Evangile en breton &lt;em&gt;Aviel Jezuz Krist&lt;/em&gt; (1982), le &lt;em&gt;Testamant nevez eil lodenn&lt;/em&gt; (1988), puis le &lt;em&gt;Leor an overenn hag ar zakramanchou&lt;/em&gt;, publié en 1997 par Minihi Levenez, le centre spirituel bretonnant qui se place alors en héritier de la &lt;em&gt;Kenvreuriez ar brezoneg&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;
&lt;p&gt;&lt;a title="" href="#_ftnref1"&gt;[1]&lt;/a&gt; Sur la première &lt;em&gt;Kenvreuriez&lt;/em&gt;, voir Christian Brunel, « L’Académie bretonne au grand séminaire de Quimper », &lt;em&gt;Les parlers de la foi&lt;/em&gt;, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 1995.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;
&lt;p&gt;&lt;a title="" href="#_ftnref2"&gt;[2]&lt;/a&gt; &lt;em&gt;Semaine religieuse de Quimper et Léon&lt;/em&gt;, 30 juillet 1943, p. 236-237.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;
&lt;p&gt;&lt;a title="" href="#_ftnref3"&gt;[3]&lt;/a&gt; &lt;em&gt;Semaine religieuse de Quimper et Léon&lt;/em&gt;, 20 juin 1971, p. 376.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;
&lt;p&gt;&lt;a title="" href="#_ftnref4"&gt;[4]&lt;/a&gt; &lt;em&gt;Semaine religieuse de Quimper et Léon&lt;/em&gt;, 12 mars 1965, p. 197.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;</text>
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&lt;p&gt;L’Académie est refondée le 23 juillet 1942 par M&lt;sup&gt;gr&lt;/sup&gt; Duparc pour « maintenir et propager la langue bretonne dans le diocèse&lt;a title="" href="#_ftn2"&gt;[2]&lt;/a&gt;. » Son président d’honneur en est le vicaire général Joncour, son président le chanoine François Le Ster (1888-1969), inspecteur général de l’enseignement libre. Autour de lui, Per-Yan Nédélec est nommé trésorier, l’abbé François Guivarc’h (1897-1974) aumônier au cours normal étant le secrétaire. Parmi les membres, le chanoine Favé, alors sous-directeur des œuvres ; avec ces prêtres diocésains des religieux OMI, montfortains, capucins ou jésuites, viennent apporter leurs connaissance de la langue. Cette même année l’étude du breton devient obligatoire dans toutes les écoles primaires libres du diocèse. En parallèle des travaux éditoriaux sont lancés, comme la traduction du catéchisme. &lt;em&gt;Va c’hatekiz bihan&lt;/em&gt; et &lt;em&gt;Va c’hatekiz Krenn&lt;/em&gt; sont publiés en 1943 sous l’impulsion de l’Académie. Un recueil de sermons bretons doit paraître en 1944 également, ainsi qu’une &lt;em&gt;Vie de Jésus&lt;/em&gt; et une &lt;em&gt;Messe dialoguée pour les enfants&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Libération et la disqualification générale du mouvement breton au sortir de la deuxième Guerre Mondiale donnent un coup d’arrêt au développement de l’Académie. Elle réapparait cependant, sous une autre forme, dans le sillage du concile Vatican II. C’est l’époque où la culture bretonne sous toutes ses formes revient en force auprès des jeunes générations, quand radio et même la télévision débutante commencent à émettre en breton. Les catholiques bretonnants peuvent encore rencontrer une certaine incompréhension de la part de l’Église officielle qui ne propose quasiment aucun texte brittophone pour la célébration des offices : « beaucoup de militants bretons se demandent si c’est consciemment que l’Église en Bretagne participe au déracinement culturel des bretons&lt;a title="" href="#_ftn3"&gt;[3]&lt;/a&gt;… »&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L’Académie bretonne assure alors la traduction des textes liturgiques en langue vernaculaire, selon les principes déterminés par le Concile et la constitution sur la liturgie &lt;em&gt;Sacrosanctum Concilium&lt;/em&gt; promulguée le 4 décembre 1963. Au diocèse de Quimper, la &lt;em&gt;Kenvreuriez&lt;/em&gt; est désormais dirigée par M&lt;sup&gt;gr&lt;/sup&gt; Visant Favé (1902-1997), évêque auxiliaire réputé pour ses talents de bretonnant. Dans son équipe, il dirige les pères Per-Yann Nédélec (1911-1971), archiviste diocésain et président de la Société archéologique du Finistère ; Joseph Seité (1919-1985), disciple de l’abbé Perrot, membre actif du &lt;em&gt;Bleun-Brug&lt;/em&gt; et animateur des émissions bretonnes à la radio ; François Élard (1910-1988) qui travaille sous la direction de M&lt;sup&gt;gr&lt;/sup&gt; Favé à la traduction de l’Apocalypse, des Épitres de Saint-Paul et du&lt;em&gt; Testament Nevez &lt;/em&gt;(1988) ; Laurent Bleuven (1898-1980), directeur de la revue missionnaire &lt;em&gt;Lizeri Breuriez ar feiz&lt;/em&gt; depuis 1965 ; les frères des écoles chrétiennes Corentin Riou (1913-1995) et Vincent Seité (1908-1994), auteur d’un dictionnaire et d’une méthode de breton. Lors du décès du chanoine Nédélec en 1971 sa nécrologie évoque la &lt;em&gt;Vision d’Ezekiel&lt;/em&gt; qu’il était alors en train de traduire et qui fut lue lors de ses obsèques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la même période les initiatives sont multiples autour de la valorisation de la langue bretonne. Une commission interdiocésaine pour la traduction des textes liturgiques se met en place en 1965. « Il y a quinze ans, dès que le Saint-Siège autorisé les premiers essais de langue vernaculaire en liturgie, l’Evêque de Quimper obtint le bénéfice de ces mesures pour le breton et fit éditer, en 1950, un rituel latin-breton toujours valable. En 1964, après la promulgation de la constitution conciliaire sur la liturgie, les évêques de Bretagne firent les démarches pour faire reconnaitre le breton comme langue liturgique. Et, en septembre de la même année, fut mise sur pied la Commission interdiocésaine des textes liturgiques en breton, sous la présidence de S. Exc. M&lt;sup&gt;gr&lt;/sup&gt; Favé, avec le concours de prêtres et de laïcs&lt;a title="" href="#_ftn4"&gt;[4]&lt;/a&gt;. » Deux ans plus tard, le diocèse de Saint-Brieuc publie des prières eucharistiques en breton. En 1972, M&lt;sup&gt;gr&lt;/sup&gt; Barbu donne son imprimatur pour un Missel et lectionnaire breton.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La &lt;em&gt;Kenvreuriez&lt;/em&gt; reconstituée assure ainsi la traduction de textes liturgiques, à commencer par l’&lt;em&gt;Ordo missae&lt;/em&gt;, puis le lectionnaire breton des dimanches et fêtes. Les textes sont publiés dans des cahiers ronéotés reprenant le nom de &lt;em&gt;Kenvreuriez ar brezoneg&lt;/em&gt;. « Ce titre fait revivre l’association qui, au séminaire de Quimper, rassemblait les séminaristes attachés à la langue bretonne, pour l’apprendre ou pour s’y perfectionner. »&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D’autres ouvrages d’importance suivent, comme l’Evangile en breton &lt;em&gt;Aviel Jezuz Krist&lt;/em&gt; (1982), le &lt;em&gt;Testamant nevez eil lodenn&lt;/em&gt; (1988), puis le &lt;em&gt;Leor an overenn hag ar zakramanchou&lt;/em&gt;, publié en 1997 par Minihi Levenez, le centre spirituel bretonnant qui se place alors en héritier de la &lt;em&gt;Kenvreuriez ar brezoneg&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;
&lt;p&gt;&lt;a title="" href="#_ftnref1"&gt;[1]&lt;/a&gt; Sur la première &lt;em&gt;Kenvreuriez&lt;/em&gt;, voir Christian Brunel, « L’Académie bretonne au grand séminaire de Quimper », &lt;em&gt;Les parlers de la foi&lt;/em&gt;, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 1995.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;
&lt;p&gt;&lt;a title="" href="#_ftnref2"&gt;[2]&lt;/a&gt; &lt;em&gt;Semaine religieuse de Quimper et Léon&lt;/em&gt;, 30 juillet 1943, p. 236-237.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;
&lt;p&gt;&lt;a title="" href="#_ftnref3"&gt;[3]&lt;/a&gt; &lt;em&gt;Semaine religieuse de Quimper et Léon&lt;/em&gt;, 20 juin 1971, p. 376.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;
&lt;p&gt;&lt;a title="" href="#_ftnref4"&gt;[4]&lt;/a&gt; &lt;em&gt;Semaine religieuse de Quimper et Léon&lt;/em&gt;, 12 mars 1965, p. 197.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;</text>
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                  <text>&lt;p&gt;L’&lt;em&gt;Académie bretonne&lt;/em&gt; est initialement fondée au Grand Séminaire de Quimper le 14 février 1894&lt;a title="" href="#_ftn1"&gt;[1]&lt;/a&gt; par six séminaristes, dans des conditions précaires : sans lieu ni directives, elle s’éteint rapidement, avant de connaître un nouvel essor en octobre 1901 sous l’impulsion du séminariste Jean-Marie Perrot. Outre l’aspect proprement pastoral, il s’agit ici d’étudier les aspects linguistiques et plus globalement développer la langue et l’histoire de la Bretagne. Des cours de breton sont organisés au grand séminaire, puis dans les séminaires de Vannes et Saint-Brieuc. En s’inscrivant dans une position mesurée sur la querelle de l’orthographe, la &lt;em&gt;Kenvreuriez&lt;/em&gt; suit néanmoins les principes généraux du linguiste Le Gonidec, premier traducteur au XIXe siècle de la Bible en breton. Peu à peu se compose le lien entre la foi et la langue, &lt;em&gt;Feiz ha Breiz,&lt;/em&gt; dans le contexte tendu de la séparation des Églises et de l’État. Les effectifs de l’Académie atteignent une soixantaine de personnes en 1914, soit 1/5 du nombre des séminaristes. La &lt;em&gt;Kenvreuriez&lt;/em&gt; se maintient dans cette forme jusqu’à la Seconde guerre mondiale, poursuivant son œuvre. En 1936, pour la première fois, un professeur officiel de breton est nommé au grand séminaire, l’abbé Pierre-Jean Nédélec.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L’Académie est refondée le 23 juillet 1942 par M&lt;sup&gt;gr&lt;/sup&gt; Duparc pour « maintenir et propager la langue bretonne dans le diocèse&lt;a title="" href="#_ftn2"&gt;[2]&lt;/a&gt;. » Son président d’honneur en est le vicaire général Joncour, son président le chanoine François Le Ster (1888-1969), inspecteur général de l’enseignement libre. Autour de lui, Per-Yan Nédélec est nommé trésorier, l’abbé François Guivarc’h (1897-1974) aumônier au cours normal étant le secrétaire. Parmi les membres, le chanoine Favé, alors sous-directeur des œuvres ; avec ces prêtres diocésains des religieux OMI, montfortains, capucins ou jésuites, viennent apporter leurs connaissance de la langue. Cette même année l’étude du breton devient obligatoire dans toutes les écoles primaires libres du diocèse. En parallèle des travaux éditoriaux sont lancés, comme la traduction du catéchisme. &lt;em&gt;Va c’hatekiz bihan&lt;/em&gt; et &lt;em&gt;Va c’hatekiz Krenn&lt;/em&gt; sont publiés en 1943 sous l’impulsion de l’Académie. Un recueil de sermons bretons doit paraître en 1944 également, ainsi qu’une &lt;em&gt;Vie de Jésus&lt;/em&gt; et une &lt;em&gt;Messe dialoguée pour les enfants&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Libération et la disqualification générale du mouvement breton au sortir de la deuxième Guerre Mondiale donnent un coup d’arrêt au développement de l’Académie. Elle réapparait cependant, sous une autre forme, dans le sillage du concile Vatican II. C’est l’époque où la culture bretonne sous toutes ses formes revient en force auprès des jeunes générations, quand radio et même la télévision débutante commencent à émettre en breton. Les catholiques bretonnants peuvent encore rencontrer une certaine incompréhension de la part de l’Église officielle qui ne propose quasiment aucun texte brittophone pour la célébration des offices : « beaucoup de militants bretons se demandent si c’est consciemment que l’Église en Bretagne participe au déracinement culturel des bretons&lt;a title="" href="#_ftn3"&gt;[3]&lt;/a&gt;… »&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L’Académie bretonne assure alors la traduction des textes liturgiques en langue vernaculaire, selon les principes déterminés par le Concile et la constitution sur la liturgie &lt;em&gt;Sacrosanctum Concilium&lt;/em&gt; promulguée le 4 décembre 1963. Au diocèse de Quimper, la &lt;em&gt;Kenvreuriez&lt;/em&gt; est désormais dirigée par M&lt;sup&gt;gr&lt;/sup&gt; Visant Favé (1902-1997), évêque auxiliaire réputé pour ses talents de bretonnant. Dans son équipe, il dirige les pères Per-Yann Nédélec (1911-1971), archiviste diocésain et président de la Société archéologique du Finistère ; Joseph Seité (1919-1985), disciple de l’abbé Perrot, membre actif du &lt;em&gt;Bleun-Brug&lt;/em&gt; et animateur des émissions bretonnes à la radio ; François Élard (1910-1988) qui travaille sous la direction de M&lt;sup&gt;gr&lt;/sup&gt; Favé à la traduction de l’Apocalypse, des Épitres de Saint-Paul et du&lt;em&gt; Testament Nevez &lt;/em&gt;(1988) ; Laurent Bleuven (1898-1980), directeur de la revue missionnaire &lt;em&gt;Lizeri Breuriez ar feiz&lt;/em&gt; depuis 1965 ; les frères des écoles chrétiennes Corentin Riou (1913-1995) et Vincent Seité (1908-1994), auteur d’un dictionnaire et d’une méthode de breton. Lors du décès du chanoine Nédélec en 1971 sa nécrologie évoque la &lt;em&gt;Vision d’Ezekiel&lt;/em&gt; qu’il était alors en train de traduire et qui fut lue lors de ses obsèques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la même période les initiatives sont multiples autour de la valorisation de la langue bretonne. Une commission interdiocésaine pour la traduction des textes liturgiques se met en place en 1965. « Il y a quinze ans, dès que le Saint-Siège autorisé les premiers essais de langue vernaculaire en liturgie, l’Evêque de Quimper obtint le bénéfice de ces mesures pour le breton et fit éditer, en 1950, un rituel latin-breton toujours valable. En 1964, après la promulgation de la constitution conciliaire sur la liturgie, les évêques de Bretagne firent les démarches pour faire reconnaitre le breton comme langue liturgique. Et, en septembre de la même année, fut mise sur pied la Commission interdiocésaine des textes liturgiques en breton, sous la présidence de S. Exc. M&lt;sup&gt;gr&lt;/sup&gt; Favé, avec le concours de prêtres et de laïcs&lt;a title="" href="#_ftn4"&gt;[4]&lt;/a&gt;. » Deux ans plus tard, le diocèse de Saint-Brieuc publie des prières eucharistiques en breton. En 1972, M&lt;sup&gt;gr&lt;/sup&gt; Barbu donne son imprimatur pour un Missel et lectionnaire breton.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La &lt;em&gt;Kenvreuriez&lt;/em&gt; reconstituée assure ainsi la traduction de textes liturgiques, à commencer par l’&lt;em&gt;Ordo missae&lt;/em&gt;, puis le lectionnaire breton des dimanches et fêtes. Les textes sont publiés dans des cahiers ronéotés reprenant le nom de &lt;em&gt;Kenvreuriez ar brezoneg&lt;/em&gt;. « Ce titre fait revivre l’association qui, au séminaire de Quimper, rassemblait les séminaristes attachés à la langue bretonne, pour l’apprendre ou pour s’y perfectionner. »&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D’autres ouvrages d’importance suivent, comme l’Evangile en breton &lt;em&gt;Aviel Jezuz Krist&lt;/em&gt; (1982), le &lt;em&gt;Testamant nevez eil lodenn&lt;/em&gt; (1988), puis le &lt;em&gt;Leor an overenn hag ar zakramanchou&lt;/em&gt;, publié en 1997 par Minihi Levenez, le centre spirituel bretonnant qui se place alors en héritier de la &lt;em&gt;Kenvreuriez ar brezoneg&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;
&lt;p&gt;&lt;a title="" href="#_ftnref1"&gt;[1]&lt;/a&gt; Sur la première &lt;em&gt;Kenvreuriez&lt;/em&gt;, voir Christian Brunel, « L’Académie bretonne au grand séminaire de Quimper », &lt;em&gt;Les parlers de la foi&lt;/em&gt;, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 1995.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;
&lt;p&gt;&lt;a title="" href="#_ftnref2"&gt;[2]&lt;/a&gt; &lt;em&gt;Semaine religieuse de Quimper et Léon&lt;/em&gt;, 30 juillet 1943, p. 236-237.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;
&lt;p&gt;&lt;a title="" href="#_ftnref3"&gt;[3]&lt;/a&gt; &lt;em&gt;Semaine religieuse de Quimper et Léon&lt;/em&gt;, 20 juin 1971, p. 376.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;
&lt;p&gt;&lt;a title="" href="#_ftnref4"&gt;[4]&lt;/a&gt; &lt;em&gt;Semaine religieuse de Quimper et Léon&lt;/em&gt;, 12 mars 1965, p. 197.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;</text>
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&lt;p&gt;L’Académie est refondée le 23 juillet 1942 par M&lt;sup&gt;gr&lt;/sup&gt; Duparc pour « maintenir et propager la langue bretonne dans le diocèse&lt;a title="" href="#_ftn2"&gt;[2]&lt;/a&gt;. » Son président d’honneur en est le vicaire général Joncour, son président le chanoine François Le Ster (1888-1969), inspecteur général de l’enseignement libre. Autour de lui, Per-Yan Nédélec est nommé trésorier, l’abbé François Guivarc’h (1897-1974) aumônier au cours normal étant le secrétaire. Parmi les membres, le chanoine Favé, alors sous-directeur des œuvres ; avec ces prêtres diocésains des religieux OMI, montfortains, capucins ou jésuites, viennent apporter leurs connaissance de la langue. Cette même année l’étude du breton devient obligatoire dans toutes les écoles primaires libres du diocèse. En parallèle des travaux éditoriaux sont lancés, comme la traduction du catéchisme. &lt;em&gt;Va c’hatekiz bihan&lt;/em&gt; et &lt;em&gt;Va c’hatekiz Krenn&lt;/em&gt; sont publiés en 1943 sous l’impulsion de l’Académie. Un recueil de sermons bretons doit paraître en 1944 également, ainsi qu’une &lt;em&gt;Vie de Jésus&lt;/em&gt; et une &lt;em&gt;Messe dialoguée pour les enfants&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Libération et la disqualification générale du mouvement breton au sortir de la deuxième Guerre Mondiale donnent un coup d’arrêt au développement de l’Académie. Elle réapparait cependant, sous une autre forme, dans le sillage du concile Vatican II. C’est l’époque où la culture bretonne sous toutes ses formes revient en force auprès des jeunes générations, quand radio et même la télévision débutante commencent à émettre en breton. Les catholiques bretonnants peuvent encore rencontrer une certaine incompréhension de la part de l’Église officielle qui ne propose quasiment aucun texte brittophone pour la célébration des offices : « beaucoup de militants bretons se demandent si c’est consciemment que l’Église en Bretagne participe au déracinement culturel des bretons&lt;a title="" href="#_ftn3"&gt;[3]&lt;/a&gt;… »&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L’Académie bretonne assure alors la traduction des textes liturgiques en langue vernaculaire, selon les principes déterminés par le Concile et la constitution sur la liturgie &lt;em&gt;Sacrosanctum Concilium&lt;/em&gt; promulguée le 4 décembre 1963. Au diocèse de Quimper, la &lt;em&gt;Kenvreuriez&lt;/em&gt; est désormais dirigée par M&lt;sup&gt;gr&lt;/sup&gt; Visant Favé (1902-1997), évêque auxiliaire réputé pour ses talents de bretonnant. Dans son équipe, il dirige les pères Per-Yann Nédélec (1911-1971), archiviste diocésain et président de la Société archéologique du Finistère ; Joseph Seité (1919-1985), disciple de l’abbé Perrot, membre actif du &lt;em&gt;Bleun-Brug&lt;/em&gt; et animateur des émissions bretonnes à la radio ; François Élard (1910-1988) qui travaille sous la direction de M&lt;sup&gt;gr&lt;/sup&gt; Favé à la traduction de l’Apocalypse, des Épitres de Saint-Paul et du&lt;em&gt; Testament Nevez &lt;/em&gt;(1988) ; Laurent Bleuven (1898-1980), directeur de la revue missionnaire &lt;em&gt;Lizeri Breuriez ar feiz&lt;/em&gt; depuis 1965 ; les frères des écoles chrétiennes Corentin Riou (1913-1995) et Vincent Seité (1908-1994), auteur d’un dictionnaire et d’une méthode de breton. Lors du décès du chanoine Nédélec en 1971 sa nécrologie évoque la &lt;em&gt;Vision d’Ezekiel&lt;/em&gt; qu’il était alors en train de traduire et qui fut lue lors de ses obsèques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la même période les initiatives sont multiples autour de la valorisation de la langue bretonne. Une commission interdiocésaine pour la traduction des textes liturgiques se met en place en 1965. « Il y a quinze ans, dès que le Saint-Siège autorisé les premiers essais de langue vernaculaire en liturgie, l’Evêque de Quimper obtint le bénéfice de ces mesures pour le breton et fit éditer, en 1950, un rituel latin-breton toujours valable. En 1964, après la promulgation de la constitution conciliaire sur la liturgie, les évêques de Bretagne firent les démarches pour faire reconnaitre le breton comme langue liturgique. Et, en septembre de la même année, fut mise sur pied la Commission interdiocésaine des textes liturgiques en breton, sous la présidence de S. Exc. M&lt;sup&gt;gr&lt;/sup&gt; Favé, avec le concours de prêtres et de laïcs&lt;a title="" href="#_ftn4"&gt;[4]&lt;/a&gt;. » Deux ans plus tard, le diocèse de Saint-Brieuc publie des prières eucharistiques en breton. En 1972, M&lt;sup&gt;gr&lt;/sup&gt; Barbu donne son imprimatur pour un Missel et lectionnaire breton.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La &lt;em&gt;Kenvreuriez&lt;/em&gt; reconstituée assure ainsi la traduction de textes liturgiques, à commencer par l’&lt;em&gt;Ordo missae&lt;/em&gt;, puis le lectionnaire breton des dimanches et fêtes. Les textes sont publiés dans des cahiers ronéotés reprenant le nom de &lt;em&gt;Kenvreuriez ar brezoneg&lt;/em&gt;. « Ce titre fait revivre l’association qui, au séminaire de Quimper, rassemblait les séminaristes attachés à la langue bretonne, pour l’apprendre ou pour s’y perfectionner. »&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D’autres ouvrages d’importance suivent, comme l’Evangile en breton &lt;em&gt;Aviel Jezuz Krist&lt;/em&gt; (1982), le &lt;em&gt;Testamant nevez eil lodenn&lt;/em&gt; (1988), puis le &lt;em&gt;Leor an overenn hag ar zakramanchou&lt;/em&gt;, publié en 1997 par Minihi Levenez, le centre spirituel bretonnant qui se place alors en héritier de la &lt;em&gt;Kenvreuriez ar brezoneg&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;
&lt;p&gt;&lt;a title="" href="#_ftnref1"&gt;[1]&lt;/a&gt; Sur la première &lt;em&gt;Kenvreuriez&lt;/em&gt;, voir Christian Brunel, « L’Académie bretonne au grand séminaire de Quimper », &lt;em&gt;Les parlers de la foi&lt;/em&gt;, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 1995.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;
&lt;p&gt;&lt;a title="" href="#_ftnref2"&gt;[2]&lt;/a&gt; &lt;em&gt;Semaine religieuse de Quimper et Léon&lt;/em&gt;, 30 juillet 1943, p. 236-237.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;
&lt;p&gt;&lt;a title="" href="#_ftnref3"&gt;[3]&lt;/a&gt; &lt;em&gt;Semaine religieuse de Quimper et Léon&lt;/em&gt;, 20 juin 1971, p. 376.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;
&lt;p&gt;&lt;a title="" href="#_ftnref4"&gt;[4]&lt;/a&gt; &lt;em&gt;Semaine religieuse de Quimper et Léon&lt;/em&gt;, 12 mars 1965, p. 197.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;</text>
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                  <text>&lt;p&gt;L’&lt;em&gt;Académie bretonne&lt;/em&gt; est initialement fondée au Grand Séminaire de Quimper le 14 février 1894&lt;a title="" href="#_ftn1"&gt;[1]&lt;/a&gt; par six séminaristes, dans des conditions précaires : sans lieu ni directives, elle s’éteint rapidement, avant de connaître un nouvel essor en octobre 1901 sous l’impulsion du séminariste Jean-Marie Perrot. Outre l’aspect proprement pastoral, il s’agit ici d’étudier les aspects linguistiques et plus globalement développer la langue et l’histoire de la Bretagne. Des cours de breton sont organisés au grand séminaire, puis dans les séminaires de Vannes et Saint-Brieuc. En s’inscrivant dans une position mesurée sur la querelle de l’orthographe, la &lt;em&gt;Kenvreuriez&lt;/em&gt; suit néanmoins les principes généraux du linguiste Le Gonidec, premier traducteur au XIXe siècle de la Bible en breton. Peu à peu se compose le lien entre la foi et la langue, &lt;em&gt;Feiz ha Breiz,&lt;/em&gt; dans le contexte tendu de la séparation des Églises et de l’État. Les effectifs de l’Académie atteignent une soixantaine de personnes en 1914, soit 1/5 du nombre des séminaristes. La &lt;em&gt;Kenvreuriez&lt;/em&gt; se maintient dans cette forme jusqu’à la Seconde guerre mondiale, poursuivant son œuvre. En 1936, pour la première fois, un professeur officiel de breton est nommé au grand séminaire, l’abbé Pierre-Jean Nédélec.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L’Académie est refondée le 23 juillet 1942 par M&lt;sup&gt;gr&lt;/sup&gt; Duparc pour « maintenir et propager la langue bretonne dans le diocèse&lt;a title="" href="#_ftn2"&gt;[2]&lt;/a&gt;. » Son président d’honneur en est le vicaire général Joncour, son président le chanoine François Le Ster (1888-1969), inspecteur général de l’enseignement libre. Autour de lui, Per-Yan Nédélec est nommé trésorier, l’abbé François Guivarc’h (1897-1974) aumônier au cours normal étant le secrétaire. Parmi les membres, le chanoine Favé, alors sous-directeur des œuvres ; avec ces prêtres diocésains des religieux OMI, montfortains, capucins ou jésuites, viennent apporter leurs connaissance de la langue. Cette même année l’étude du breton devient obligatoire dans toutes les écoles primaires libres du diocèse. En parallèle des travaux éditoriaux sont lancés, comme la traduction du catéchisme. &lt;em&gt;Va c’hatekiz bihan&lt;/em&gt; et &lt;em&gt;Va c’hatekiz Krenn&lt;/em&gt; sont publiés en 1943 sous l’impulsion de l’Académie. Un recueil de sermons bretons doit paraître en 1944 également, ainsi qu’une &lt;em&gt;Vie de Jésus&lt;/em&gt; et une &lt;em&gt;Messe dialoguée pour les enfants&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Libération et la disqualification générale du mouvement breton au sortir de la deuxième Guerre Mondiale donnent un coup d’arrêt au développement de l’Académie. Elle réapparait cependant, sous une autre forme, dans le sillage du concile Vatican II. C’est l’époque où la culture bretonne sous toutes ses formes revient en force auprès des jeunes générations, quand radio et même la télévision débutante commencent à émettre en breton. Les catholiques bretonnants peuvent encore rencontrer une certaine incompréhension de la part de l’Église officielle qui ne propose quasiment aucun texte brittophone pour la célébration des offices : « beaucoup de militants bretons se demandent si c’est consciemment que l’Église en Bretagne participe au déracinement culturel des bretons&lt;a title="" href="#_ftn3"&gt;[3]&lt;/a&gt;… »&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L’Académie bretonne assure alors la traduction des textes liturgiques en langue vernaculaire, selon les principes déterminés par le Concile et la constitution sur la liturgie &lt;em&gt;Sacrosanctum Concilium&lt;/em&gt; promulguée le 4 décembre 1963. Au diocèse de Quimper, la &lt;em&gt;Kenvreuriez&lt;/em&gt; est désormais dirigée par M&lt;sup&gt;gr&lt;/sup&gt; Visant Favé (1902-1997), évêque auxiliaire réputé pour ses talents de bretonnant. Dans son équipe, il dirige les pères Per-Yann Nédélec (1911-1971), archiviste diocésain et président de la Société archéologique du Finistère ; Joseph Seité (1919-1985), disciple de l’abbé Perrot, membre actif du &lt;em&gt;Bleun-Brug&lt;/em&gt; et animateur des émissions bretonnes à la radio ; François Élard (1910-1988) qui travaille sous la direction de M&lt;sup&gt;gr&lt;/sup&gt; Favé à la traduction de l’Apocalypse, des Épitres de Saint-Paul et du&lt;em&gt; Testament Nevez &lt;/em&gt;(1988) ; Laurent Bleuven (1898-1980), directeur de la revue missionnaire &lt;em&gt;Lizeri Breuriez ar feiz&lt;/em&gt; depuis 1965 ; les frères des écoles chrétiennes Corentin Riou (1913-1995) et Vincent Seité (1908-1994), auteur d’un dictionnaire et d’une méthode de breton. Lors du décès du chanoine Nédélec en 1971 sa nécrologie évoque la &lt;em&gt;Vision d’Ezekiel&lt;/em&gt; qu’il était alors en train de traduire et qui fut lue lors de ses obsèques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la même période les initiatives sont multiples autour de la valorisation de la langue bretonne. Une commission interdiocésaine pour la traduction des textes liturgiques se met en place en 1965. « Il y a quinze ans, dès que le Saint-Siège autorisé les premiers essais de langue vernaculaire en liturgie, l’Evêque de Quimper obtint le bénéfice de ces mesures pour le breton et fit éditer, en 1950, un rituel latin-breton toujours valable. En 1964, après la promulgation de la constitution conciliaire sur la liturgie, les évêques de Bretagne firent les démarches pour faire reconnaitre le breton comme langue liturgique. Et, en septembre de la même année, fut mise sur pied la Commission interdiocésaine des textes liturgiques en breton, sous la présidence de S. Exc. M&lt;sup&gt;gr&lt;/sup&gt; Favé, avec le concours de prêtres et de laïcs&lt;a title="" href="#_ftn4"&gt;[4]&lt;/a&gt;. » Deux ans plus tard, le diocèse de Saint-Brieuc publie des prières eucharistiques en breton. En 1972, M&lt;sup&gt;gr&lt;/sup&gt; Barbu donne son imprimatur pour un Missel et lectionnaire breton.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La &lt;em&gt;Kenvreuriez&lt;/em&gt; reconstituée assure ainsi la traduction de textes liturgiques, à commencer par l’&lt;em&gt;Ordo missae&lt;/em&gt;, puis le lectionnaire breton des dimanches et fêtes. Les textes sont publiés dans des cahiers ronéotés reprenant le nom de &lt;em&gt;Kenvreuriez ar brezoneg&lt;/em&gt;. « Ce titre fait revivre l’association qui, au séminaire de Quimper, rassemblait les séminaristes attachés à la langue bretonne, pour l’apprendre ou pour s’y perfectionner. »&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D’autres ouvrages d’importance suivent, comme l’Evangile en breton &lt;em&gt;Aviel Jezuz Krist&lt;/em&gt; (1982), le &lt;em&gt;Testamant nevez eil lodenn&lt;/em&gt; (1988), puis le &lt;em&gt;Leor an overenn hag ar zakramanchou&lt;/em&gt;, publié en 1997 par Minihi Levenez, le centre spirituel bretonnant qui se place alors en héritier de la &lt;em&gt;Kenvreuriez ar brezoneg&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;
&lt;p&gt;&lt;a title="" href="#_ftnref1"&gt;[1]&lt;/a&gt; Sur la première &lt;em&gt;Kenvreuriez&lt;/em&gt;, voir Christian Brunel, « L’Académie bretonne au grand séminaire de Quimper », &lt;em&gt;Les parlers de la foi&lt;/em&gt;, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 1995.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;
&lt;p&gt;&lt;a title="" href="#_ftnref2"&gt;[2]&lt;/a&gt; &lt;em&gt;Semaine religieuse de Quimper et Léon&lt;/em&gt;, 30 juillet 1943, p. 236-237.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;
&lt;p&gt;&lt;a title="" href="#_ftnref3"&gt;[3]&lt;/a&gt; &lt;em&gt;Semaine religieuse de Quimper et Léon&lt;/em&gt;, 20 juin 1971, p. 376.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;
&lt;p&gt;&lt;a title="" href="#_ftnref4"&gt;[4]&lt;/a&gt; &lt;em&gt;Semaine religieuse de Quimper et Léon&lt;/em&gt;, 12 mars 1965, p. 197.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;</text>
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&lt;p&gt;L’Académie est refondée le 23 juillet 1942 par M&lt;sup&gt;gr&lt;/sup&gt; Duparc pour « maintenir et propager la langue bretonne dans le diocèse&lt;a title="" href="#_ftn2"&gt;[2]&lt;/a&gt;. » Son président d’honneur en est le vicaire général Joncour, son président le chanoine François Le Ster (1888-1969), inspecteur général de l’enseignement libre. Autour de lui, Per-Yan Nédélec est nommé trésorier, l’abbé François Guivarc’h (1897-1974) aumônier au cours normal étant le secrétaire. Parmi les membres, le chanoine Favé, alors sous-directeur des œuvres ; avec ces prêtres diocésains des religieux OMI, montfortains, capucins ou jésuites, viennent apporter leurs connaissance de la langue. Cette même année l’étude du breton devient obligatoire dans toutes les écoles primaires libres du diocèse. En parallèle des travaux éditoriaux sont lancés, comme la traduction du catéchisme. &lt;em&gt;Va c’hatekiz bihan&lt;/em&gt; et &lt;em&gt;Va c’hatekiz Krenn&lt;/em&gt; sont publiés en 1943 sous l’impulsion de l’Académie. Un recueil de sermons bretons doit paraître en 1944 également, ainsi qu’une &lt;em&gt;Vie de Jésus&lt;/em&gt; et une &lt;em&gt;Messe dialoguée pour les enfants&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Libération et la disqualification générale du mouvement breton au sortir de la deuxième Guerre Mondiale donnent un coup d’arrêt au développement de l’Académie. Elle réapparait cependant, sous une autre forme, dans le sillage du concile Vatican II. C’est l’époque où la culture bretonne sous toutes ses formes revient en force auprès des jeunes générations, quand radio et même la télévision débutante commencent à émettre en breton. Les catholiques bretonnants peuvent encore rencontrer une certaine incompréhension de la part de l’Église officielle qui ne propose quasiment aucun texte brittophone pour la célébration des offices : « beaucoup de militants bretons se demandent si c’est consciemment que l’Église en Bretagne participe au déracinement culturel des bretons&lt;a title="" href="#_ftn3"&gt;[3]&lt;/a&gt;… »&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L’Académie bretonne assure alors la traduction des textes liturgiques en langue vernaculaire, selon les principes déterminés par le Concile et la constitution sur la liturgie &lt;em&gt;Sacrosanctum Concilium&lt;/em&gt; promulguée le 4 décembre 1963. Au diocèse de Quimper, la &lt;em&gt;Kenvreuriez&lt;/em&gt; est désormais dirigée par M&lt;sup&gt;gr&lt;/sup&gt; Visant Favé (1902-1997), évêque auxiliaire réputé pour ses talents de bretonnant. Dans son équipe, il dirige les pères Per-Yann Nédélec (1911-1971), archiviste diocésain et président de la Société archéologique du Finistère ; Joseph Seité (1919-1985), disciple de l’abbé Perrot, membre actif du &lt;em&gt;Bleun-Brug&lt;/em&gt; et animateur des émissions bretonnes à la radio ; François Élard (1910-1988) qui travaille sous la direction de M&lt;sup&gt;gr&lt;/sup&gt; Favé à la traduction de l’Apocalypse, des Épitres de Saint-Paul et du&lt;em&gt; Testament Nevez &lt;/em&gt;(1988) ; Laurent Bleuven (1898-1980), directeur de la revue missionnaire &lt;em&gt;Lizeri Breuriez ar feiz&lt;/em&gt; depuis 1965 ; les frères des écoles chrétiennes Corentin Riou (1913-1995) et Vincent Seité (1908-1994), auteur d’un dictionnaire et d’une méthode de breton. Lors du décès du chanoine Nédélec en 1971 sa nécrologie évoque la &lt;em&gt;Vision d’Ezekiel&lt;/em&gt; qu’il était alors en train de traduire et qui fut lue lors de ses obsèques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la même période les initiatives sont multiples autour de la valorisation de la langue bretonne. Une commission interdiocésaine pour la traduction des textes liturgiques se met en place en 1965. « Il y a quinze ans, dès que le Saint-Siège autorisé les premiers essais de langue vernaculaire en liturgie, l’Evêque de Quimper obtint le bénéfice de ces mesures pour le breton et fit éditer, en 1950, un rituel latin-breton toujours valable. En 1964, après la promulgation de la constitution conciliaire sur la liturgie, les évêques de Bretagne firent les démarches pour faire reconnaitre le breton comme langue liturgique. Et, en septembre de la même année, fut mise sur pied la Commission interdiocésaine des textes liturgiques en breton, sous la présidence de S. Exc. M&lt;sup&gt;gr&lt;/sup&gt; Favé, avec le concours de prêtres et de laïcs&lt;a title="" href="#_ftn4"&gt;[4]&lt;/a&gt;. » Deux ans plus tard, le diocèse de Saint-Brieuc publie des prières eucharistiques en breton. En 1972, M&lt;sup&gt;gr&lt;/sup&gt; Barbu donne son imprimatur pour un Missel et lectionnaire breton.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La &lt;em&gt;Kenvreuriez&lt;/em&gt; reconstituée assure ainsi la traduction de textes liturgiques, à commencer par l’&lt;em&gt;Ordo missae&lt;/em&gt;, puis le lectionnaire breton des dimanches et fêtes. Les textes sont publiés dans des cahiers ronéotés reprenant le nom de &lt;em&gt;Kenvreuriez ar brezoneg&lt;/em&gt;. « Ce titre fait revivre l’association qui, au séminaire de Quimper, rassemblait les séminaristes attachés à la langue bretonne, pour l’apprendre ou pour s’y perfectionner. »&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D’autres ouvrages d’importance suivent, comme l’Evangile en breton &lt;em&gt;Aviel Jezuz Krist&lt;/em&gt; (1982), le &lt;em&gt;Testamant nevez eil lodenn&lt;/em&gt; (1988), puis le &lt;em&gt;Leor an overenn hag ar zakramanchou&lt;/em&gt;, publié en 1997 par Minihi Levenez, le centre spirituel bretonnant qui se place alors en héritier de la &lt;em&gt;Kenvreuriez ar brezoneg&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;
&lt;p&gt;&lt;a title="" href="#_ftnref1"&gt;[1]&lt;/a&gt; Sur la première &lt;em&gt;Kenvreuriez&lt;/em&gt;, voir Christian Brunel, « L’Académie bretonne au grand séminaire de Quimper », &lt;em&gt;Les parlers de la foi&lt;/em&gt;, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 1995.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;
&lt;p&gt;&lt;a title="" href="#_ftnref2"&gt;[2]&lt;/a&gt; &lt;em&gt;Semaine religieuse de Quimper et Léon&lt;/em&gt;, 30 juillet 1943, p. 236-237.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;
&lt;p&gt;&lt;a title="" href="#_ftnref3"&gt;[3]&lt;/a&gt; &lt;em&gt;Semaine religieuse de Quimper et Léon&lt;/em&gt;, 20 juin 1971, p. 376.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;
&lt;p&gt;&lt;a title="" href="#_ftnref4"&gt;[4]&lt;/a&gt; &lt;em&gt;Semaine religieuse de Quimper et Léon&lt;/em&gt;, 12 mars 1965, p. 197.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;</text>
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                  <text>&lt;p&gt;L’&lt;em&gt;Académie bretonne&lt;/em&gt; est initialement fondée au Grand Séminaire de Quimper le 14 février 1894&lt;a title="" href="#_ftn1"&gt;[1]&lt;/a&gt; par six séminaristes, dans des conditions précaires : sans lieu ni directives, elle s’éteint rapidement, avant de connaître un nouvel essor en octobre 1901 sous l’impulsion du séminariste Jean-Marie Perrot. Outre l’aspect proprement pastoral, il s’agit ici d’étudier les aspects linguistiques et plus globalement développer la langue et l’histoire de la Bretagne. Des cours de breton sont organisés au grand séminaire, puis dans les séminaires de Vannes et Saint-Brieuc. En s’inscrivant dans une position mesurée sur la querelle de l’orthographe, la &lt;em&gt;Kenvreuriez&lt;/em&gt; suit néanmoins les principes généraux du linguiste Le Gonidec, premier traducteur au XIXe siècle de la Bible en breton. Peu à peu se compose le lien entre la foi et la langue, &lt;em&gt;Feiz ha Breiz,&lt;/em&gt; dans le contexte tendu de la séparation des Églises et de l’État. Les effectifs de l’Académie atteignent une soixantaine de personnes en 1914, soit 1/5 du nombre des séminaristes. La &lt;em&gt;Kenvreuriez&lt;/em&gt; se maintient dans cette forme jusqu’à la Seconde guerre mondiale, poursuivant son œuvre. En 1936, pour la première fois, un professeur officiel de breton est nommé au grand séminaire, l’abbé Pierre-Jean Nédélec.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L’Académie est refondée le 23 juillet 1942 par M&lt;sup&gt;gr&lt;/sup&gt; Duparc pour « maintenir et propager la langue bretonne dans le diocèse&lt;a title="" href="#_ftn2"&gt;[2]&lt;/a&gt;. » Son président d’honneur en est le vicaire général Joncour, son président le chanoine François Le Ster (1888-1969), inspecteur général de l’enseignement libre. Autour de lui, Per-Yan Nédélec est nommé trésorier, l’abbé François Guivarc’h (1897-1974) aumônier au cours normal étant le secrétaire. Parmi les membres, le chanoine Favé, alors sous-directeur des œuvres ; avec ces prêtres diocésains des religieux OMI, montfortains, capucins ou jésuites, viennent apporter leurs connaissance de la langue. Cette même année l’étude du breton devient obligatoire dans toutes les écoles primaires libres du diocèse. En parallèle des travaux éditoriaux sont lancés, comme la traduction du catéchisme. &lt;em&gt;Va c’hatekiz bihan&lt;/em&gt; et &lt;em&gt;Va c’hatekiz Krenn&lt;/em&gt; sont publiés en 1943 sous l’impulsion de l’Académie. Un recueil de sermons bretons doit paraître en 1944 également, ainsi qu’une &lt;em&gt;Vie de Jésus&lt;/em&gt; et une &lt;em&gt;Messe dialoguée pour les enfants&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Libération et la disqualification générale du mouvement breton au sortir de la deuxième Guerre Mondiale donnent un coup d’arrêt au développement de l’Académie. Elle réapparait cependant, sous une autre forme, dans le sillage du concile Vatican II. C’est l’époque où la culture bretonne sous toutes ses formes revient en force auprès des jeunes générations, quand radio et même la télévision débutante commencent à émettre en breton. Les catholiques bretonnants peuvent encore rencontrer une certaine incompréhension de la part de l’Église officielle qui ne propose quasiment aucun texte brittophone pour la célébration des offices : « beaucoup de militants bretons se demandent si c’est consciemment que l’Église en Bretagne participe au déracinement culturel des bretons&lt;a title="" href="#_ftn3"&gt;[3]&lt;/a&gt;… »&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L’Académie bretonne assure alors la traduction des textes liturgiques en langue vernaculaire, selon les principes déterminés par le Concile et la constitution sur la liturgie &lt;em&gt;Sacrosanctum Concilium&lt;/em&gt; promulguée le 4 décembre 1963. Au diocèse de Quimper, la &lt;em&gt;Kenvreuriez&lt;/em&gt; est désormais dirigée par M&lt;sup&gt;gr&lt;/sup&gt; Visant Favé (1902-1997), évêque auxiliaire réputé pour ses talents de bretonnant. Dans son équipe, il dirige les pères Per-Yann Nédélec (1911-1971), archiviste diocésain et président de la Société archéologique du Finistère ; Joseph Seité (1919-1985), disciple de l’abbé Perrot, membre actif du &lt;em&gt;Bleun-Brug&lt;/em&gt; et animateur des émissions bretonnes à la radio ; François Élard (1910-1988) qui travaille sous la direction de M&lt;sup&gt;gr&lt;/sup&gt; Favé à la traduction de l’Apocalypse, des Épitres de Saint-Paul et du&lt;em&gt; Testament Nevez &lt;/em&gt;(1988) ; Laurent Bleuven (1898-1980), directeur de la revue missionnaire &lt;em&gt;Lizeri Breuriez ar feiz&lt;/em&gt; depuis 1965 ; les frères des écoles chrétiennes Corentin Riou (1913-1995) et Vincent Seité (1908-1994), auteur d’un dictionnaire et d’une méthode de breton. Lors du décès du chanoine Nédélec en 1971 sa nécrologie évoque la &lt;em&gt;Vision d’Ezekiel&lt;/em&gt; qu’il était alors en train de traduire et qui fut lue lors de ses obsèques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la même période les initiatives sont multiples autour de la valorisation de la langue bretonne. Une commission interdiocésaine pour la traduction des textes liturgiques se met en place en 1965. « Il y a quinze ans, dès que le Saint-Siège autorisé les premiers essais de langue vernaculaire en liturgie, l’Evêque de Quimper obtint le bénéfice de ces mesures pour le breton et fit éditer, en 1950, un rituel latin-breton toujours valable. En 1964, après la promulgation de la constitution conciliaire sur la liturgie, les évêques de Bretagne firent les démarches pour faire reconnaitre le breton comme langue liturgique. Et, en septembre de la même année, fut mise sur pied la Commission interdiocésaine des textes liturgiques en breton, sous la présidence de S. Exc. M&lt;sup&gt;gr&lt;/sup&gt; Favé, avec le concours de prêtres et de laïcs&lt;a title="" href="#_ftn4"&gt;[4]&lt;/a&gt;. » Deux ans plus tard, le diocèse de Saint-Brieuc publie des prières eucharistiques en breton. En 1972, M&lt;sup&gt;gr&lt;/sup&gt; Barbu donne son imprimatur pour un Missel et lectionnaire breton.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La &lt;em&gt;Kenvreuriez&lt;/em&gt; reconstituée assure ainsi la traduction de textes liturgiques, à commencer par l’&lt;em&gt;Ordo missae&lt;/em&gt;, puis le lectionnaire breton des dimanches et fêtes. Les textes sont publiés dans des cahiers ronéotés reprenant le nom de &lt;em&gt;Kenvreuriez ar brezoneg&lt;/em&gt;. « Ce titre fait revivre l’association qui, au séminaire de Quimper, rassemblait les séminaristes attachés à la langue bretonne, pour l’apprendre ou pour s’y perfectionner. »&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D’autres ouvrages d’importance suivent, comme l’Evangile en breton &lt;em&gt;Aviel Jezuz Krist&lt;/em&gt; (1982), le &lt;em&gt;Testamant nevez eil lodenn&lt;/em&gt; (1988), puis le &lt;em&gt;Leor an overenn hag ar zakramanchou&lt;/em&gt;, publié en 1997 par Minihi Levenez, le centre spirituel bretonnant qui se place alors en héritier de la &lt;em&gt;Kenvreuriez ar brezoneg&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;
&lt;p&gt;&lt;a title="" href="#_ftnref1"&gt;[1]&lt;/a&gt; Sur la première &lt;em&gt;Kenvreuriez&lt;/em&gt;, voir Christian Brunel, « L’Académie bretonne au grand séminaire de Quimper », &lt;em&gt;Les parlers de la foi&lt;/em&gt;, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 1995.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;
&lt;p&gt;&lt;a title="" href="#_ftnref2"&gt;[2]&lt;/a&gt; &lt;em&gt;Semaine religieuse de Quimper et Léon&lt;/em&gt;, 30 juillet 1943, p. 236-237.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;
&lt;p&gt;&lt;a title="" href="#_ftnref3"&gt;[3]&lt;/a&gt; &lt;em&gt;Semaine religieuse de Quimper et Léon&lt;/em&gt;, 20 juin 1971, p. 376.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;
&lt;p&gt;&lt;a title="" href="#_ftnref4"&gt;[4]&lt;/a&gt; &lt;em&gt;Semaine religieuse de Quimper et Léon&lt;/em&gt;, 12 mars 1965, p. 197.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;</text>
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